Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et la criminalité (ONUDC), les problèmes de sécurité, d’instabilité politique et de développement sont au cœur des problématiques de la plantation du pavot, qui a augmenté de 16% entre 2010 et 2011.

«La situation dans la région n’est pas positive», a estimé Yuri Fedotov, directeur exécutif de l’agence onusienne, pour qui «le tableau s’assombrit» encore avec la croissance parallèle des drogues de synthèse de type amphétamines.

«La communauté internationale doit mieux comprendre la nature du crime organisé transnational […] dans la région», a-t-il ajouté.

La valeur estimée de la production d’opium en Birmanie, au Laos et en Thaïlande – où les espaces cultivés sont les plus importants – a augmenté de 48% en un an à 319 millions de dollars, notamment sous l’effet de la hausse des cours qui a rendu l’opium très attractif.

La Birmanie, toujours sous contrôle des militaires malgré la mise en place en mars d’un gouvernement «civil», abrite à elle seule 91% des espaces cultivés de la région et pointe au 2e rang mondial des producteurs après l’Afghanistan.

Elle a produit 23% de la production mondiale cette année. Le Laos, lui, ne pèse que 2%, mais les espaces cultivés y ont augmenté de 37% sur un an.

L’opium demeure une production artisanale, à l’échelle des villages. L’agence a prévenu que les zones touchées étaient très exposées à l’insécurité alimentaire, et a réclamé plus d’investissements dans les cultures de substitution.

En septembre, un haut responsable américain avait estimé que la Birmanie allait devenir une source majeure d’héroïne et de méthamphétamines, au fur et à mesure que la lutte portait ses fruits contre les trafiquants en Afghanistan.