Syrie

L’ONU contrainte de mettre les négociations de paix sur pause

Alors que les combats ont redoublé en Syrie, l’envoyé spécial de l’ONU Staffan de Mistura annonce la suspension des négociations

La reprise des négociations de paix sur la Syrie aura fait long feu. Au terme d’une journée de tractations pour tenter de retenir l’opposition syrienne, Staffan de Mistura, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, a annoncé une pause dans les discussions jusqu’au 25 février. Mais ont-elles vraiment commencé? Le diplomate jurait que oui et essayait de trouver des motifs de satisfactions à ce nouveau round de discussions après les échecs de 2012 et 2014.

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«Ce n’est pas un échec. Les deux délégations sont venues à Genève et elles m’ont dit qu’elles étaient déterminées à entamer un processus politique, soulignait Staffan des Mistura. Mais j’ai toujours dit que les pourparlers pour avoir du sens devaient apporter des bénéfices à la population syrienne». Elle n’en a pas vu la couleur. Les armes ne se sont pas tues. Bien au contraire.

Mardi, l’opposition syrienne, très critiquée pour être malgré tout venue à Genève, avait déjà boycotté la réunion avec l’émissaire de l’ONU pour protester contre l’offensive de l’armée syrienne sur Alep. «Nous avons besoin d’oxygène pour pouvoir continuer», plaidait alors l’opposante Bassma Kodmani.

Mais les «signes» réclamés par l’opposition aux grandes puissances, seules à même de faire pression sur les belligérants, ne sont jamais venus. Staffan de Mistura a aussi placé sans les nommer la Russie, les Etats-Unis, l’Arabie saoudite, la Turquie et l’Iran devant leurs responsabilités. Ce sont ces pays qui m’ont mandaté pour relancer les négociations de paix, a-t-il expliqué. L’envoyé spécial se rendra ce jeudi à Londres à une conférence pour réunir des fonds pour l’aide aux Syriens. Les avancées politiques attendront.

Staffan de Mistura a tenté de progresser sur le volet humanitaire, alors que des Syriens continuent de mourir de faim et qu’aucun siège n’a été levé. «Sur ces questions, je me suis heurté à des objections de procédure de la part de la délégation gouvernementale», a-t-il expliqué devant la presse, évasif. Au même moment, Bashar al-Jaafari, le négociateur en chef de Bachar el-Assad, rendait responsable l’opposition de cette suspension. «Elle n’a jamais voulu entamer des discussions sérieuses.»

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