Justice

L'ONU demande aux Etats de rapatrier les proches de djihadistes

Le haute commissariat aux droits de l'homme estime que «les Etats ont la responsabilité de leurs propres ressortissants» et de garantir qu'ils soient détenus ou poursuivis conformément au droit international

L'ONU demande aux Etats de rapatrier les proches des djihadistes en Syrie et Irak s'ils ne sont pas poursuivis selon les normes. Lundi à Genève, Michelle Bachelet a dit que les procès qui ont condamné des membres de l'EI à la peine capitale n'étaient pas équitables.

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«La reddition des comptes, avec des procès équitables, protège les sociétés de davantage de radicalisation et de violence», a dit la Haute commissaire aux droits de l'homme. Au début de trois semaines de travaux du Conseil des droits de l'homme, elle a dénoncé comme «inacceptable» la détention continue de personnes qui ne sont pas suspectées de crimes.

La responsabilité des états

Près de 56 000 djihadistes et leurs proches ont été retenus en Syrie et en Irak après la défaite de l'Etat islamique (EI). Selon Michelle Bachelet, «les Etats ont la responsabilité de leurs propres ressortissants» et de garantir qu'ils soient détenus ou poursuivis conformément au droit international.

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Parmi eux, la France a répété à plusieurs reprises qu'elle ne rapatrierait pas ses citoyens mais tenterait d'éviter qu'ils ne soient condamnés à la peine capitale en Irak. Plus d'une dizaine d'entre eux ont été condamnés à une telle sentence parmi plus de 150 djihadistes qui ont reçu la même. Ces procès «n'ont pas donné des garanties adaptées» pour être considérés comme équitables, a insisté Michelle Bachelet.

La citoyenneté doit être accordée aux enfants

De même, elle demande que les Etats attribuent la citoyenneté aux enfants nés dans ces zones de parents qui sont leurs ressortissants. Elle a rappelé que quatre cas ont été portés devant les Comités de l'ONU pour les droits de l'enfant et contre la torture.

De retour du Venezuela, Michelle Bachelet ne s'est pas exprimée sur cette situation lundi. Elle doit rendre un rapport le 5 juillet devant le Conseil. En revanche, elle a demandé à nouveau de garantir un accès à son bureau pour des investigations après la répression de la société civile qui a fait au moins 100 tués parmi les civils. Et elle a déploré le rejet des observations de la rapporteuse spéciale Agnès Callamard, sur l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, par l'Arabie saoudite.

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