Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a réclamé mardi la libération du détenu politique le plus célèbre d'Egypte, Alaa Abdel Fattah, qui a cessé de s'alimenter et de boire.

Volker Türk «regrette profondément que les autorités égyptiennes n'aient toujours pas libéré le blogueur et militant» dont «la vie est en grand danger», a indiqué Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat, lors du briefing régulier de l'ONU à Genève. «Nous sommes extrêmements inquiets pour sa santé», a indiqué Ravina Shamdasina, d'autant plus que la famille du militant n'a pas «pu être en contact avec lui ces deux derniers jours».

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Volker Türk a évoqué le cas de Alaa Abdel Fattah avec les autorités égyptiennes vendredi, a précisé la porte-parole. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a fait de même avec les autorités egyptiennes en marge de la COP27 qui se tient à Charm El-Cheikh en Egypte.

Bête noire du président égyptien

Le premier ministre britannique Rishi Sunak et le président français Emmanuel Macron ont eux aussi profité de leur déplacement à la COP27 pour évoquer le cas de Alaa Abdel Fattah, un citoyen britannico-égyptien, qui est un icône de la révolution de 2011 en Egypte.

Depuis le 2 avril, Alaa Abdel Fattah, bête noire du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, n'ingérait qu'un verre de thé et une cuillère de miel par jour dans sa prison de Wadi al-Natroun, au nord-ouest du Caire.

Incarcéré plusieurs fois depuis 2006, il a totalement cessé de s'alimenter mardi dernier et de boire dimanche, alors que s'ouvrait la COP27 à Charm el-Cheikh, à l'autre bout du pays. «Abdel Fattah est en grand danger. Sa grève de la soif met sa vie en danger», a déclaré le chef des droits de l'homme de l'ONU, cité dans un communiqué.

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«Mon bureau et d'autres mécanismes des droits de l'homme des Nations unies ont soulevé le cas d'Abdel Fattah et les cas d'autres personnes arbitrairement privées de liberté et incarcérées après des procès inéquitables à plusieurs reprises», a souligné Volker Türk.

Le Haut-Commissaire a noté que la reprise en avril 2022 du Comité de grâce présidentielle avait entraîné la libération de nombreuses personnes. Mais, il a appelé les autorités «à libérer immédiatement toutes les personnes détenues arbitrairement, y compris celles en détention provisoire, ainsi que les personnes injustement condamnées».

Le Haut-Commissaire a aussi encouragé les autorités à réviser toutes les lois qui restreignent l'espace civique et restreignent les droits à la liberté d'expression, de réunion et d'association.

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