Les conclusions du rapport conduit par la haut-commissaire aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, étaient très attendues, vendredi, à Genève. Après une enquête des agents de l’ONU et une visite officielle à Caracas, fin juin, où elle s’est entretenue à la fois avec le président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son principal opposant, Juan Guaido, Michelle Bachelet a déclaré que le «cadre légal et institutionnel au Venezuela est érodé.»

Selon les propres chiffres du gouvernement vénézuélien, 6856 personnes ont été tuées depuis janvier 2018 dans le cadre «d’opérations de sécurité». D’après l’ONU, ce nombre de victimes serait le fruit des nombreuses exécutions extrajudiciaires commises par les FAES, les forces spéciales de la police. Le rapport constate aussi le «recours récurrent à la torture» et prend en exemple le cas du capitaine Rafael Acosta, mort dans les prisons de Maduro le 1er juillet.

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Front commun contre l’ingérence

Le sombre tableau dépeint par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme n’a pas convaincu tout le monde. Les débats ont illustré les fractures habituelles qui agitent la communauté internationale. L’Union européenne a salué le rapport et plaidé pour une sortie de crise politique et pacifique. Le Pérou et l’Argentine ont appelé le gouvernement de Maduro, qu’ils considèrent comme illégitime, à cesser toute répression.

Le Venezuela, quant à lui, a réfuté net les conclusions d’un «document partiel, avec de graves erreurs méthodologiques, qui fait fi des avancées sociales de la révolution bolivarienne», exigeant que des corrections y soient apportées. «Le Venezuela ne traverse pas de crise humanitaire», a même affirmé son représentant, dénonçant une «offensive protéiforme des Etats-Unis contre sa souveraineté nationale».

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La République bolivarienne a pu compter sur «l’indéfectible soutien» des Cubains, ainsi que des Russes ou des Algériens, qui forment un front commun contre l’ingérence. Le Venezuela a toutefois accepté d’ouvrir des discussions sous six mois pour accueillir un bureau permanent du Haut-Commissariat aux droits de l’homme à Caracas.