Des dizaines de milliers de personnes ont une nouvelle fois manifesté jeudi contre les inégalités sociales au Chili. L'ONU a décidé d'y envoyer une mission pour enquêter sur de présumées violations des droits humains.

Face à la multiplication des allégations sur le sujet, dans un pays dont plusieurs régions et la capitale Santiago restent placées sous état d'urgence, la Haut-Commissaire aux droits de l'Homme des Nations unies Michelle Bachelet, qui a été à deux reprises présidente du Chili, a annoncé l'envoi d'enquêteurs.

«Les parlementaires et le gouvernement (chiliens) ont tous exprimé le désir d'une mission des droits de l'Homme de l'ONU», a-t-elle ajouté dans un tweet. Près d'une semaine après le début de la fronde sociale, quelque 20 000 militaires et policiers restaient déployés dans le pays. Mercredi, le gouvernement avait annoncé le rappel de réservistes de l'armée pour des tâches administratives.

Pour tenter d'apaiser la situation, le président conservateur Sebastian Pinera a entrouvert jeudi la porte à une levée prochaine des mesures d'exception. «Nous travaillons à un plan de normalisation de la vie de notre pays (...) pour pouvoir cesser le recours au couvre-feu et, nous l'espérons, lever l'état d'urgence», a-t-il déclaré.

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Les affrontements et pillages perdurent

Le couvre-feu, reconduit jeudi pour la sixième nuit consécutive, avait d'ores et déjà été réduit la veille à six heures, de 22 heures à 4 heures, contre dix heures les nuits précédentes. Le gouvernement a également annoncé une diminution des incidents violents au cours des dernières 24 heures pendant lesquelles aucun décès n'a été rapporté. Le nombre d'arrestations, 735, était aussi en baisse.

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Mais des affrontements avec les forces de l'ordre et des pillages avaient toujours lieu dans plusieurs villes du pays et en divers endroits de la capitale, en particulier dans la périphérie.

Mercredi, les Chiliens avaient été plus de 400 000 à manifester, selon les autorités. Les protestataires réclament le retrait des rues des militaires déployés pour la première fois depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990), ainsi que des réponses à la pire crise sociale traversée par le Chili en trente ans.