Dans une déclaration publiée à l'issue d'une réunion revenant sur la réunion de Berlin, le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) a appelé mardi les parties libyennes à «s'engager de manière constructive dans la commission militaire dite 5+5 afin de conclure un accord de cessez-le-feu dès que possible». Celui-ci doit permettre une relance du processus politique visant à mettre un terme au conflit en Libye.

Cette commission, qui représente l'un des acquis du sommet, doit se réunir prochainement. Elle est formée de cinq officiers issus du camp du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est libyen, et de cinq officiers représentant le gouvernement d'union (GNA) de Fayez al-Sarraj, basé à Tripoli (ouest) et reconnu par l'ONU. Elle a pour mission de définir sur le terrain les mécanismes de mise en oeuvre d'un accord de cessez-le-feu devant succéder à la trêve observée par les deux parties depuis le 12 janvier.

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Pas de mécanisme de contrôle prévu

Les membres du Conseil de sécurité se félicitent aussi dans leur déclaration des résultats de la conférence de Berlin. A l'issue du sommet, les principaux pays concernés par le conflit avaient promis de ne plus interférer dans les affaires libyennes et de respecter l'embargo sur les armes imposé depuis 2011 pour la Libye et jusqu'ici allègrement violé.

Le Conseil de sécurité devrait selon des diplomates, commencer à discuter d'un projet de résolution sur la Libye dans les jours à venir. Lors de la réunion du Conseil, la Russie notamment a plaidé pour que ce projet soit concentré sur les résultats du sommet de Berlin sans prévoir à ce stade de mécanisme de contrôle d'un éventuel accord de cessez-le-feu, selon un diplomate.

«Un début» pour Antonio Guterres

Depuis l'offensive militaire déclenchée le 4 avril par le maréchal Haftar pour s'emparer de Tripoli, le Conseil de sécurité s'est montré incapable de parvenir à une résolution réclamant un cessez-le-feu et un retour à un processus politique.

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Khalifa Haftar est notamment soutenu par la Russie, les Emirats Arabes Unis et l'Egypte, alors que Fayez al-Sarraj bénéficie du soutien de la Turquie et du Qatar.

A l'issue de la réunion du Conseil, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui a rendu compte de la réunion de Berlin, a souligné qu'il ne «s'agissait que d'un début».