Syrie

L’ONU planifie l’aide humanitaire pour les villes assiégées syriennes

Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité doit se tenir vendredi pour trouver les moyens de secourir les Syriens, alors que l'ONU prévoit de livrer de l'aide humanitaire aux villes assiégées

L’ONU envisage d’utiliser des hélicoptères pour livrer de l’aide humanitaire vitale aux villes assiégées en Syrie, à la veille d’une réunion du Conseil de sécurité vendredi pour trouver les moyens de secourir les habitants affamés dans le pays en guerre.

600 000 personnes vivent dans des zones encerclées par l’EI

Sur le front, les combats continuent de faire rage avec des bombardements du régime qui ont tué 23 civils dont six enfants dans les quartiers rebelles de la ville d’Alep, et des offensives de forces kurdes contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) dans les provinces d’Alep et de Raqa dans le nord du pays.

Les avions de la coalition internationale ont largué des munitions aux rebelles qui tentent d’empêcher les djihadistes d’entrer dans la ville de Marea au nord d’Alep, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) et un responsable américain de la Défense.

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Selon l’ONU, près de 600 000 personnes vivent dans 19 zones ou localités en Syrie encerclées par les belligérants, principalement par les troupes du régime, et près de quatre millions dans des zones difficiles d’accès. Face au désastre humanitaire provoqué par le conflit qui a fait également 280 000 morts depuis plus de cinq ans et jeté hors de leurs foyers des millions de personnes, le Conseil de sécurité de l’ONU doit tenir vendredi une réunion d’urgence axée sur les aides.

Après que l’envoyé spécial adjoint de l’ONU pour la Syrie, Ramzy Ezzeldin Ramzy, a affirmé que les largages d’aides n’étaient pas «imminents» vu la complexité de l’opération et la nécessité d’avoir le feu vert du régime, l’ONU à New York a dit étudier la faisabilité d’utiliser des hélicoptères pour livrer l’aide.

Une opération techniquement difficile, mais urgente

Mais de telles opérations sont à haut risque, a prévenu le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric. «Dans les zones urbaines, les largages par avion ne sont pas envisageables. Chaque hélicoptère transporterait environ trois tonnes et devrait atterrir pour décharger», a-t-il ajouté.

«On imagine les difficultés en matière de sécurité pour réaliser cela, plus les difficultés que cela représenterait de voler dans le ciel de Syrie», encombré par les aviations russe, syrienne et de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

L’ambassadeur britannique à l’ONU Matthew Rycroft a demandé que les largages, décidés par le Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG), aient lieu comme prévu. «On espère que les préparatifs pour les largages vont commencer et que tout va se mettre en place rapidement parce qu’il n’y a pas un moment à perdre», a-t-il dit.

«Il est complètement inacceptable que les camions ne soient pas autorisés à transporter de la nourriture.»

En mai, les 20 pays du Groupe international de soutien à la Syrie avaient fixé le 1er juin comme dernier délai pour que des convois puissent avoir accès aux villes assiégées, sans quoi l’ONU procéderait aux largages. Or mercredi, à la faveur d’une trêve de 48 heures expirant jeudi avant l’aube, le régime a autorisé pour la première fois l’entrée d’aides à Daraya, ville rebelle située à 10 km de Damas et assiégée depuis 2012. Mais cette aide n’incluait pas de nourriture, au grand désespoir des habitants affamés dans la ville détruite, l’une des premières à s’être soulevées contre le régime en 2011. Près de 10 000 personnes y vivent actuellement.

«Il est choquant et complètement inacceptable que les camions ne soient pas autorisés à transporter de la nourriture», a déploré l’ONG Save the Children en Syrie. «Daraya a besoin de tout; nourriture, médicaments, produits sanitaires, carburants…», a indiqué le militant antirégime Chadi Matar dans la ville.

Des combats «féroces»

La guerre en Syrie, qui met aux prises divers acteurs locaux, régionaux et internationaux, a permis la montée en puissance des groupes djihadistes Etat islamique (EI) et Front Al-Nosra (Al-Qaida en Syrie). Sur le front, les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance dominée par les Kurdes, tentaient, dans la province septentrionale d’Alep, de s’emparer de la ville de Minbej, principale voie de ravitaillement depuis la Turquie pour Raqa, capitale de facto des djihadistes.

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Les FDS, soutenues par des frappes intenses de la coalition internationale, se trouvent désormais à 10 km de Minbej, selon l’OSDH. «Les combats sont féroces». Dans la province limitrophe de Raqa, contrôlée en grande partie par l’EI, l’offensive des FDS se poursuit contre les djihadistes, mais sans gains majeurs pour le moment. Plus à l’ouest, un attentat-suicide a fait deux morts à Lattaquié, un fief du régime, selon les médias officiels.

De l’autre côté de la frontière, en Irak, les forces gouvernementales soutenues par l’aviation de l’allié américain se heurtent à la résistance de l’EI à Falloujah, à 50 km à l’ouest de Bagdad. Quelque 50 000 civils sont bloqués dans ce fief djihadiste totalement assiégé et leur présence ralentit les opérations de reconquête, selon le pouvoir.

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L’EI a profité de la guerre civile en Syrie et de l’instabilité en Irak pour s’y implanter, la communauté internationale cherchant à mettre hors de danger de nuire ce groupe responsable de terribles exactions dans les régions conquises et d’attentats meurtriers dans le monde.

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