Le Conseil de sécurité des Nations unies a sévèrement puni, mercredi, la Corée du Nord. Il lui a imposé parmi les sanctions internationales les plus lourdes jamais infligées à un Etat pour avoir effectué un essai nucléaire et un tir de fusée les 6 janvier et 7 février derniers en violation flagrante de plusieurs de ses résolutions. Même des alliés habituels de Pyongyang comme la Russie et la Chine s’y sont cette fois ralliés.

Le train de sanctions voté mercredi, après plusieurs autres, multiplie les restrictions imposées au commerce nord-coréen. Il ajoute à l’interdiction passée d’importer toutes sortes de produits sensibles celle d’exporter de l’or, du titane et des minerais rares. Et il n’autorise plus la vente à l’étranger de charbon, de fer et de minerai de fer que si les revenus ainsi générés servent à nourrir la population locale. L’objectif visé est de limiter autant que possible la capacité de Pyongyang à financer ses programmes militaires.

Les pays membres de l’ONU ont aussi reçu pour obligation de contrôler plus étroitement encore que par le passé les échanges commerciaux du pays de Kim Jong-Un. Ils sont tenus par exemple d’inspecter toutes les marchandises en provenance et à destination de la Corée du Nord, d’interdire leurs ports aux navires soupçonnés de transporter ce genre de cargaisons et de bloquer tout avion soupçonné de participer à un tel trafic. Quant à la liste des personnes et des entreprises sanctionnées, elle a été allongée d’une trentaine de noms.

Il reste à connaître les effets de ces mesures. La Corée du Nord est parvenue jusqu’ici à contourner les embargos décrétés à son encontre grâce à un réseau international de complicités. Et grâce aux intérêts stratégiques de certains pays comme la Chine, qui redoutent l’effondrement du régime de Pyongyang. Des Etats qui veulent bien l’affaiblir mais pas l’abattre.