Le candidat d'opposition à la présidentielle en Bolivie Carlos Mesa a exigé dimanche la tenue d'un nouveau scrutin pour sortir le pays de la crise déclenchée par la réélection controversée fin octobre du socialiste Evo Morales. «La meilleure solution à cette crise, dans les circonstances actuelles, est une nouvelle élection supervisée par un nouvel organe électoral impartial et sous l'observation rigoureuse de la communauté internationale», a déclaré Carlos Mesa à l'issue d'une réunion de son parti, Communauté citoyenne (CC), à La Paz.

Carlos Mesa, centriste qui a déjà dirigé la Bolivie de 2003 à 2005, est arrivé en deuxième position lors de la présidentielle du 20 octobre avec 36,51% des voix, contre 47,08% pour Evo Morales, au pouvoir depuis 2006, selon les résultats définitifs publiés samedi.

 

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«Evo Morales a entre ses mains la pacification du pays et l'issue démocratique à cette crise», a ajouté Carlos Mesa. Il a appelé ses partisans à rester mobilisés «dans la paix et la non-violence».

L'opposition accusée de rechercher le conflit armé

L'avance de plus de dix points d'Evo Morales sur son rival le plus immédiat lui permet d'être automatiquement réélu dès le premier tour. Mais l'opposition a dénoncé une «fraude», et la vague de contestation qui a éclaté dès le lendemain du scrutin a fait au moins deux morts et 140 blessés.

Le président Morales, pour sa part, a accusé ses rivaux de chercher à provoquer un affrontement armé. L'opposition «veut des morts causées par la police et les forces armées», a-t-il dénoncé. Il répliquait à une autre figure de l'opposition, Luis Fernando Camacho, qui avait appelé samedi l'armée bolivienne à «se ranger aux côtés du peuple».

Le gouvernement a demandé à l'Organisation des Etats américains (OEA) d'enquêter sur le scrutin, mais cette initiative a été rejetée par l'opposition. L'OEA doit rendre son rapport dans les deux semaines à venir.