L’opposant égyptien le plus en vue, Mohamed ElBaradei, est arrivé jeudi soir au Caire pour participer aux manifestations sans précédent contre le régime du président Hosni Moubarak, qui ont fait un septième mort jeudi et entraîné un millier d’arrestations depuis mardi.

Dans le nord du Sinaï, un manifestant de 22 ans, Mohamed Atef, a été mortellement atteint d’une balle dans la tête lors d’un échange de tirs entre des manifestants bédouins et les forces de sécurité, ont indiqué des témoins. A Suez (nord-est), des manifestants ont mis le feu à une caserne de pompiers après avoir lancé des cocktails Molotov sur la police.

Les jeunes militants pro-démocratie à l’origine des manifestations, inspirés par la révolte tunisienne, ont appelé à de nouvelles mobilisations après les prières hebdomadaires du vendredi.

«Un moment critique»

«C’est un moment critique dans l’histoire de l’Egypte. Je suis venu ici pour participer avec le peuple» aux manifestations, a déclaré Mohamed ElBaradei, l’ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à son arrivée à l’aéroport du Caire. «La volonté de changement doit être respectée. Le régime ne doit pas utiliser la violence dans les manifestations», a-t-il ajouté. «Si la population veut que je mène la transition, alors je ne la décevrai pas», avait déclaré le Nobel de la paix à l’aéroport de Vienne, avant son départ pour Le Caire.

Mohamed ElBaradei ne dispose pas d’un parti reconnu, mais a formé un mouvement, l’Association nationale pour le changement, qui plaide pour des réformes démocratiques et sociales, et soutient les manifestations. Il est la plus connue des personnalités d’opposition à soutenir publiquement le mouvement de protestation.

Pendant ce temps, le Parti national démocratique au pouvoir, qui a tenu sa première réunion depuis le début des manifestations, s’est dit ouvert à un dialogue avec la jeunesse et a démenti les rumeurs faisant état de la fuite de certains responsables. Il n’a toutefois pas proposé de concessions aux manifestants.