Venezuela

L'opposant Juan Guaido menacé de levée de son immunité

La Cour suprême vénézuélienne, acquise à Nicolas Maduro, reproche à Juan Guaido de ne pas avoir respecté une interdiction de sortie du territoire. Il a effectué une tournée en Amérique du Sud de fin février à début mars

La Cour suprême du Venezuela, contrôlée par le régime du président chaviste Nicolas Maduro, a demandé, dans un arrêt lundi, au président de l'Assemblée nationale constituante «de lever l'immunité parlementaire» de Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays.

Il est reproché à Juan Guaido, qui est le président du Parlement vénézuélien contrôlé par l'opposition, de ne pas avoir respecté une interdiction de sortie du territoire. L'opposant de centre-droit de 35 ans avait bravé cette décision prise le 29 janvier par la Cour suprême en quittant clandestinement le pays pour effectuer une tournée en Colombie voisine, au Brésil, au Paraguay, en Argentine et en Equateur, de fin février à début mars.

La Cour suprême et l'Assemblée constituante sont jugées comme acquises au pouvoir en place par l'opposition, tous leurs membres ayant été désignés par le chavisme, du nom du défunt Hugo Chavez (1999-2013).

Ce rebondissement intervient alors que Nicolas Maduro et son principal opposant se disputent le pouvoir depuis le début de l'année dans un Venezuela sous tension à cause des pannes de courant à répétition et où l'eau courante manque cruellement.

Déjà sanctionné par le Contrôleur général de la République

Si la décision de la Cour suprême pourrait, en théorie, aboutir à la présentation devant la justice ordinaire de Juan Guaido, il est difficile d'anticiper ses conséquences concrètes dans ce pays où personne ne reconnaît la légitimité de personne.

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Ces dernières semaines, plusieurs sanctions du pouvoir vénézuélien ont visé le chef de file de l'opposition. Jeudi, le Contrôleur général de la République, Elvis Amoroso, chargé de veiller à la transparence de l'administration au Venezuela, l'a déclaré inéligible pour 15 ans. Selon Elvis Amoroso, jugé proche du pouvoir en place, l'opposant n'a pas justifié, dans ses déclarations de patrimoine, certaines dépenses réalisées au Venezuela et à l'étranger avec des fonds provenant d'autres pays.

La sanction de jeudi a été jugée illégale par Juan Guaido et «ridicule» par Washington. Les Etats-Unis ont déjà mis en garde Caracas à plusieurs reprises contre toute représaille à l'encontre de celui qu'ils considèrent comme le chef de l'Etat légitime du Venezuela.

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Visé par une enquête préliminaire, notamment pour «des actions ayant porté atteinte à la paix de la République», le chef du Parlement avait été soumis le 29 janvier à une «interdiction de sortir du pays sans autorisation jusqu'à la fin de l'enquête» et un «gel de (ses) comptes bancaires», avait annoncé le président de la Cour suprême, Maikel Moreno.

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