L'opposition lituanienne de centre-droit a remporté les élections législatives organisées dimanche, selon des résultats presque complets, dans un contexte de flambée des contaminations par le coronavirus. Le parti conservateur a obtenu 50 des 141 sièges au parlement. L'union des agriculteurs et des verts du premier ministre Saulius Skvernelis n'en remporte que 32, selon ces résultats.

Pressentie pour occuper le poste de chef du gouvernement, l'ancienne ministre conservatrice des finances, Ingrida Simonyte, 45 ans, devrait être en mesure de bâtir une coalition avec les deux partis libéraux, qui ont respectivement remporté 12 et 10 sièges.

Dans le cadre des mesures de sécurité face au Covid-19, le vote en voiture a été autorisé pour la première fois. Les masques et la distanciation sociale ont été obligatoires dans les bureaux de vote. Malgré les records de nouvelles contaminations, le nombre des morts rapporté à la population totale en Lituanie reste bien inférieur à la moyenne européenne.

L'influence de la crise sanitaire

Quatre autres partis politiques sont entrés au parlement au premier tour, ce qui devrait conduire à des pourparlers sur une coalition après le second tour de dimanche. Ingrida Symonite a critiqué son rival Saulius Skvernelis pour ne pas avoir réussi à préparer le pays à la deuxième vague de coronavirus.

«Nous devons modifier le modèle de gestion de crise parce que nous manquons de transparence et de clarté sur la question de savoir qui conseille le gouvernement et qui a le dernier mot», a-t-elle déclaré à la presse dimanche soir. «Nous entendons les médecins et les scientifiques dire qu'ils ne sont pas assez écoutés», a-t-elle ajouté.

«Les électeurs étaient las de la coalition au pouvoir, ils voulaient un changement dans le paysage politique», a expliqué à l'Agence France-Presse (AFP) Ramunas Vilpisauskas, professeur à l'université de Vilnius.

Consensus sur les principales orientations internationales

Tous les grands partis sont favorables à l'UE et à l'OTAN et appuient la volonté de Vilnius de rallier le soutien des pays de l'Union européenne à l'opposition démocratique bélarusse, après une élection présidentielle contestée dans ce pays voisin.

Lire aussi: La Lituanie devient le 19e pays de la zone euro

«Seuls des ajustements mineurs sont probables concernant l'UE et dans la politique étrangère, car il existe un large et solide consensus sur les principales orientations», a dit à l'AFP Kestutis Girnius, professeur à l'université de Vilnius.

Le président Gitanas Nauseda, dont le mandat prend fin en 2024, continuera à diriger la politique étrangère et de défense.