Une manifestation massive pour réclamer la chute du gouvernement s’est déroulée mardi à Manama, où l’opposition répétait son exigence d’une monarchie constitutionnelle dans ce petit royaume du Golfe gouverné par une dynastie sunnite, selon des journalistes de l’AFP sur place.

La foule, estimée à des dizaines de milliers de personnes, s’étirait sur un large boulevard reliant le lieu de départ de la marche à la place de la Perle, épicentre de la contestation, distante de près de trois kilomètres.

Les manifestants ont défilé derrière une grande banderole sur laquelle était écrit: «Marche de fidélité aux martyrs», avec les photographies des sept chiites tués pendant la répression du mouvement de protestation.

Les femmes étaient nombreuses parmi les manifestants qui scandaient «le peuple veut la chute du régime» et «A bas les Al-Khalifa», en référence à la famille royale.

La police était absente mais un hélicoptère survolait la marche alors que le service d’ordre était assuré par de nombreux militants portant des gilets orange.

«Unis, sunnites et chiites», a également scandé la foule, qui a rejoint la place de la Perle, où campent d’autres manifestants depuis samedi.

Dans un communiqué lu devant la foule, les sept mouvements de l’opposition, dont le puissant Wefaq chiite, ont renouvelé leur demande d’une «véritable monarchie constitutionnelle».

Outre le Wefaq, des mouvements de la gauche et du courant nationaliste se sont associés à cette manifestation.

Le prince héritier, Salman Ben Hamad al-Khalifa, a proposé un dialogue à l’opposition, mais celle-ci continue d’exiger la démission du gouvernement présidé depuis 1971 par Cheikh Khalifa Ben Salman al-Khalifa, oncle de Cheikh Issa.

La marche intervient au lendemain d’une forte mobilisation en faveur du gouvernement dominé par les sunnites. Des dizaines de milliers de partisans du gouvernement se sont rassemblés lundi soir près d’une mosquée sunnite de Manama.