Un millier de manifestants réclamaient de nouveau mardi matin à Tunis, devant le siège du Premier ministre, la démission du gouvernement de transition dominé par des membres du régime déchu de l’ex-président Ben Ali, a constaté une journaliste de l’AFP.

La grande majorité d’entre eux ont campé dans le froid pour la deuxième nuit consécutive sur la grande esplanade de la Kasbah, qui jouxte les bureaux du Premier ministre de transition Mohammed Ghannouchi, bravant le couvre-feu.

A peine réveillés, certains ont salué le drapeau et chanté l’hymne tunisien, avant de relancer dès 07H30 des slogans hostiles au gouvernement, sous les regards des militaires qui gardent la place.

Des volontaires s’affairaient à distribuer du café et de la nourriture aux protestataires. «Ils (les caciques de l’ancien régime, ndlr) doivent partir, nous resterons jusqu’à ce qu’ils partent», a déclaré à l’AFP Mehrezia Mehrez, une femme au visage voilé, encore allongée sous une couverture, venue de Kasserine (centre-ouest) avec son mari et ses deux petites filles.

«La bataille se jouera à Tunis. C’est pour cela que nous sommes venus. Il faut faire tomber le gouvernement. Ils sont comme un cancer, il faut tout nettoyer, on ne peut pas en laisser un bout», a également déclaré Lotsi Abbes, un pharmacien du sud du pays. «On ne se satisfera pas d’un remaniement» ministériel a-t-il ajouté.

Le porte-parole du gouvernement et ministre de l’Education Taieb Baccouch avait annoncé lundi à l’AFP qu’un remaniement était imminent, tout en se prononçant «à titre personnel» pour le maintien des ministres qui ont servi sous Ben Ali au nom de «la continuité de l’Etat».

Jeffrey Feltman, le plus haut responsable de la diplomatie américaine pour le Proche-Orient, arrivé lundi à Tunis pour des entretiens sur «les réformes démocratiques et les élections» avec le gouvernement de transition, devait poursuivre ses consultations mardi.

Le controversé gouvernement tunisien se transition «se donne du mal pour répondre aux aspirations de son peuple, et nous sommes encouragés par les mesures prises jusqu’à présent», a indiqué lundi le porte-parole du département d’Etat, Philip Crowley.