Le week-end est décidément très tendu en Pologne. Des milliers de personnes se sont réunies samedi devant le palais présidentiel à Varsovie pour défendre la liberté des médias menacée, selon eux, par la droite populiste au pouvoir. Ils dénoncent également des fraudes présumées lors de votes au parlement la veille.

Des manifestations de moindre envergure se sont tenues dans d'autres villes de Pologne, selon les médias polonais.

«Honte», «Stop à la dévastation de la Pologne», «Liberté, égalité, démocratie», scandaient samedi les manifestants à Varsovie, agitant des drapeaux nationaux rouge et blanc, des drapeaux européens, au son de cornes de brume, lors d'une marche vers le parlement. Celui-ci avait été protégé par un vaste dispositif de police, l'entrée étant également interdite aux journalistes.

«Je ne veux pas voir la Pologne mise sens dessus dessous» par le parti Droit et Justice (PiS, au pouvoir), a déclaré Malgorzata Kramarz, une femme d'une soixantaine d'années, au milieu de la foule de manifestants.

Ces rassemblements faisaient suite à des incidents inédits la nuit précédente. Des centaines de personnes avaient bloqué pendant plusieurs heures les sorties du Parlement à Varsovie, et empêché les députés de la majorité, la Première ministre Beata Szydlo et le chef du parti conservateur au pouvoir Jaroslaw Kaczynski, de quitter le bâtiment.

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Justice saisie contre les votes sur le budget

Répondant à l'appel du mouvement de défense de la démocratie KOD et de plusieurs partis d'opposition, les manifestants déclaraient protester contre un nouveau règlement limitant l'accès des médias aux députés, contre toute une série de réformes très controversées menées par les conservateurs populistes au pouvoir, et aussi contre l'adoption du budget de l'Etat pour 2017 dans des conditions que l'opposition a jugées illégales.

Le cortège de voitures transportant notamment Mme Szydlo, M. Kaczynski et plusieurs autres hauts responsables du PiS avait forcé le passage au milieu des manifestants et, sous protection des policiers, quitté le Parlement tard dans la nuit.

Samedi, les leaders des principaux partis d'opposition ont annoncé qu'ils allaient saisir la justice au sujet des votes de la veille. Quelques dizaines de députés d'opposition, libéraux et centristes, occupaient toujours l'hémicycle, affirmant vouloir y rester jusqu'à mardi pour reprendre ensuite les votes des textes du budget et d'une loi réduisant les retraites des anciens agents de la police politique.


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