La coalition de l’opposition syrienne est parvenue samedi à surmonter ses divisions pour se choisir un nouveau chef, Ahmad Assi Jarba, qui sera chargé d’incarner l’alternative à Bachar el-Assad aux yeux de ses soutiens arabes et occidentaux. Cette élection intervient alors que les rebelles continuent de perdre du terrain face aux forces loyalistes.

Qui est le nouveau chef de l’opposition syrienne ?

C’est un opposant historique qui a passé plusieurs années dans les geôles du régime à la fin des années 1990 et en mars 2011, quelques jours après le déclenchement de la révolte. Libéré en août 2012, il s’est installé en Arabie saoudite et a ensuite intégré le Conseil national syrien (CNS), avant d’intégrer la coalition nationale syrienne, créée en novembre 2012. C’est aussi un chef tribal, membre de la confédération des Shammar, très puissante en Irak et en Arabie saoudite – la mère de l’actuel roi Abdallah était d’ailleurs une Shammar. Ce qui lui vaut de représenter les tribus syriennes au sein de la coalition.

C’est enfin l’homme des Saoudiens. En mars, il avait même claqué la porte de la coalition pour protester contre l’élection de Ghassan Hitto, un des hommes du Qatar dans l’opposition, comme premier ministre des territoires gérés par la rébellion. Au sein de l’opposition, il était en charge du difficile dossier de l’armement de la rébellion. A ce titre, il a fait partie de plusieurs délégations dans les pays arabes et européens pour les convaincre d’armer les rebelles.

Quelles conséquences pour la coalition?

La coalition est l’un des terrains d’affrontements non seulement des laïcs et des islamistes, mais aussi des différents parrains arabes de la rébellion. Initialement prévu pour fin mai, le choix du nouveau président avait été ajourné après des discussions qui avaient à nouveau étalé au grand jour les divisions de l’opposition et la guerre d’influence que s’y livrent ses principaux parrains, le Qatar et l’Arabie saoudite.

Cette fois, Riyad a gagné et Doha, qui présentait l’homme d’affaires Moustapha Sabbagh, a perdu de quelques voix. Une défaite qui reflète la perte d’influence des Qataris sur la scène arabe après l’éviction en Egypte de Mohammed Morsi, que soutenait là encore le Qatar.

Les événements en Egypte auront-ils des conséquences en Syrie?

Oui. Les Frères musulmans égyptiens y étaient regardés comme un modèle de modération. Leur sortie du jeu par un coup d’Etat militaire, soutenu peu ou prou par l’Occident, va sans doute désenchanter une partie des rebelles islamistes syriens, les inciter à se méfier du jeu démocratique et à se radicaliser davantage. D’autant plus que les pays occidentaux se montrent toujours réticents à livrer des armes à l’insurrection.