En 1972, il quittait le cabinet fantôme de Harold Wilson parce que ce dernier refusait de soutenir l’adhésion du Royaume-Uni à la Communauté européenne. En 1981, il claquait la porte du Parti travailliste pour fonder le Parti social-démocrate, un ovni politique outre-Manche dont la fibre était très pro-européenne. Et puis en 1993, avec l’émissaire onusien Cyrus Vance, il concoctait un plan de paix pour la Bosnie au nom de l’Union européenne. Chez Lord Owen ou baron Owen de la ville de Plymouth, l’Europe suinte de tous les pores. Son épouse Deborah, d’origine américaine, a appris le français à Genève et a longtemps travaillé pour l’éditeur Robert Laffont. Elle plaide pour le maintien au sein de l’UE. Leurs enfants, très francophones, sont des fédéralistes européens. Lui-même adore la Bretagne où il navigue depuis l’âge de 10 ans. Il apparaît pourtant comme un grand paradoxe: c’est un brexiter.

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