Le candidat Joe Biden a remporté mardi, selon les projections des médias américains, trois nouvelles victoires, notamment dans l'Etat-clé du Michigan - gros pourvoyeur de délégués (125). Il prend ainsi une avance confortable face à Bernie Sanders dans la course à l'investiture démocrate.

En effet, il faut disposer de l'appui de 1991 délégués pour être nommé candidat démocrate et affronter le conservateur Donald Trump lors de l'élection présidentielle américaine le 3 novembre. A ce stade, 670 délégués se rangent derrière Joe Biden et 574 derrière Bernie Sanders, selon le décompte du New York Times.

L'ancien vice-président de Barack Obama a déjà été donné largement vainqueur par les médias américains dans trois des six Etats qui votaient lors de ce «mini-Super Tuesday», à savoir le Michigan, le Missouri (centre) et le Mississippi (sud). Les résultats de l'Idaho, du Dakota du Nord et de l'Etat de Washington étaient encore attendus.

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Le silence de Bernie Sanders

«Je veux remercier Bernie Sanders et ses partisans pour leur énergie infatigable et leur passion», a déclaré le champion du camp modéré à l'adresse du sénateur socialiste. «Nous avons le même but et ensemble, nous battrons Donald Trump, nous rassemblerons ce pays», a-t-il lancé dans un discours sobre, assurant incarner «le retour de l'âme de la nation».

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Que va faire maintenant Bernie Sanders? La pression de l'establishment démocrate, qui redoute que ses idées très à gauche pour les Etats-Unis n'effraient les électeurs centristes, s'est immédiatement accentuée pour qu'il se retire au nom du rassemblement contre le président républicain. Dans l'immédiat, le sénateur, rentré dans son fief du Vermont, a décidé de ne pas s'exprimer publiquement mardi soir, selon les médias américains. Un silence qui en dit long sur le dilemme de celui qui prône une «révolution politique».

«Ce n'est pas fini», a juste glissé dans un tweet une figure de son équipe de campagne, Nina Turner. Une porte-parole de «Bernie» a, elle, donné rendez-vous au prochain débat télévisé, qui sera pour la première fois un face-à-face entre les deux candidats septuagénaires. «Dimanche, l'Amérique va enfin entendre Biden défendre ses idées, ou son absence d'idées», a ironisé Briahna Joy Gray.

Deux projets «socialistes» au regard du camp Trump

Joe Biden, grand favori depuis ses victoires des dix derniers jours et les ralliements en cascade d'ex-candidats modérés, a confirmé sa capacité à s'imposer très largement dans le Sud des Etats-Unis et auprès des Afro-Américains, un électorat-clé pour les démocrates. Mais aussi au-delà, dans un bastion industriel du Midwest comme le Michigan, que les démocrates espèrent ravir le 3 novembre à Donald Trump qui y avait remporté une victoire surprise en 2016. Grâce à ses victoires très nettes, il a engrangé de nombreux délégués appelés à désigner, en juillet, le candidat démocrate à la Maison-Blanche. Et son avance semble toujours plus difficile à rattraper pour «Bernie».

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L'équipe de campagne de Donald Trump a elle assuré que les deux candidats étaient «les deux faces d'une même pièce» et qu'ils défendraient un projet «socialiste».