Le président français Emmanuel Macron a annoncé sur Twitter le retour en France vendredi de l'ex-otage Sophie Pétronin, et son intention de l'accueillir à son arrivée. «Je viens d'échanger quelques mots par téléphone avec Sophie Pétronin. Quelle joie d'avoir entendu sa voix et de savoir qu'elle est maintenant en sécurité !», a également écrit le président français.

Le 24 décembre 2016 Sophie Pétronin, 71 ans, à la tête d'une association d'aide à l'enfance, est enlevée par des hommes armés à Gao, dans le nord du Mali, une région instable en proie aux groupes jihadistes.

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Chronologie des faits

Le 1er juillet, la principale alliance djihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, diffuse une vidéo montrant six étrangers enlevés au Mali et au Burkina Faso entre 2011 et 2017, dont Sophie Pétronin. Un homme y dit qu'«aucune véritable négociation n'a commencé», tout en faisant état de «discussions toujours actives».Le président Emmanuel Macron, en visite au Mali, se félicite de la diffusion d'une «trace de vie» de la Française.

Le 2 mars 2018, l'otage apparaît dans une courte vidéo diffusée par le «Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans», non datée, et qui laisse entendre que son état de santé est précaire. Sa famille est reçue le 3 mars au Quai d'Orsay.

Le 6 juin, Sophie Pétronin s'adresse à son fils et au président Macron dans une nouvelle vidéo diffusée par le même groupe. Le 13 juillet, Emmanuel Macron assure que les services de l'Etat agissent «sans relâche» pour la retrouver. Le fils de l'otage multiplie les appels à l'aide durant les mois qui suivent.

Le 6 septembre 2018, Sophie Pétronin, détenue depuis plus de 20 mois, appelle Emmanuel Macron à tenir ses engagements de protéger les Français, dans une vidéo où apparaît aussi une otage colombienne, Soeur Gloria. Le 19, Emmanuel Macron assure de «la mobilisation pleine et entière des pouvoirs publics», mais prône «la discrétion, qui en ces matières est soeur de l'efficacité».

Vers la libération

La France fait part de sa «profonde préoccupation» après la diffusion le 11 novembre d'une vidéo des ravisseurs annonçant l'état de santé dégradé de l'otage, sans qu'elle apparaisse. Le 11 décembre le fils de Sophie Pétronin, venu en Mauritanie et au Mali, affirme à l'AFP que les ravisseurs de sa mère lui ont fait une «proposition inespérée» que le gouvernement français a «refusée». Il précise toutefois le 14 que, selon le Quai d'Orsay, les auteurs de cette proposition «n'étaient pas fiables» et leurs propositions «farfelues». «Le contact n'a jamais été interrompu avec Sophie Pétronin», assure Emmanuel Macron.

Le 28 avril 2019 le fils déplore que sa mère soit «sacrifiée» par le refus selon lui des autorités françaises de «discuter» avec ses ravisseurs. «Nous ne l'oublions pas», assure le 14 mai le président Macron lors d'un hommage aux Invalides à deux officiers tués au Burkina Faso en libérant des otages. La France dispose d'une preuve de vie «fiable» et récente de Sophie Pétronin, rapportent ses proches le 31 mars après avoir été reçus par les autorités.

Le 7 octobre 2020, la famille laisse entendre qu'après près de quatre ans de détention en un lieu inconnu le transfert de Sophie Pétronin, 75 ans, du nord du Mali vers la liberté est en cours. Des informations circulent en effet au Mali depuis le 4 octobre sur une libération de Soumaïla Cissé, ancien candidat à la présidentielle kidnappé six mois auparavant et possible objet avec Sophie Pétronin d'un échange contre des dizaines de prisonniers djihadistes. 

Les autorités maliennes et françaises observent un silence total.