Quatre soldats de la force internationale, qui patrouillaient dans la province de Zaboul, ont été légèrement blessés jeudi par une bombe artisanale. Ils s'en sont sortis sans trop de dommages, mais deux policiers afghans, dans la province voisine de Kandahar, ont été tués par les talibans dans la nuit de mercredi à jeudi. Dans cette région où la rébellion talibane a gagné en vigueur, l'OTAN devra prendre en charge la sécurité d'ici à fin juillet.

A Bruxelles, les ministres de la Défense de l'OTAN et leurs alliés mobilisés sur le terrain ont accueilli hier au siège de l'organisation leur homologue afghan, le général Abdul Rahim Wardak. Une démonstration d'unité internationale sans doute nécessaire à la veille de l'expansion des troupes sous commandement de l'OTAN compte tenu de la situation dans le sud du pays.

Il est «important» qu'«on voie ensemble» le «ministre Wardak et les ministres alliés» a commenté un porte-parole. Aujourd'hui, 23000 soldats sont encore déployés par Washington dans le pays. Mais depuis 2003, l'ISAF, la force internationale passée sous commandement de l'OTAN, se déploie au-delà de Kaboul où elle était d'abord cantonnée. Après le nord et l'est, elle devra, fin juillet, avoir établi ses quartiers à Kandahar et dans cinq provinces méridionales où les talibans déchus sont encore actifs.

De 9000 à 18000 hommes

Aujourd'hui, l'OTAN contrôle plus de 9000 hommes dans la région. Ils devraient, sous peu, passer à 17000 voire 18000. Les Américains, eux, devraient en profiter pour retirer 3000 hommes, encore que Donald Rumsfeld, secrétaire d'Etat américain à la Défense, soit resté vague hier: «Nous retirerons ou nous enverrons des troupes en fonction de la situation.»

Si Donald Rumsfeld voit dans les violences au sud un phénomène printanier - «C'est maintenant la saison où les talibans redeviennent plus actifs» - pour d'autres participants de la réunion de Bruxelles, la recrudescence de la violence est liée au passage de témoin: «Les talibans, ou d'autres, veulent nous tester», a jugé le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jaap De Hoop Scheffer. C'est une «tentative de tirer avantage de cette période de transition», a renchéri Abdul Rahim Wardak. L'un et l'autre se sont voulus rassurants. Le premier a promis que l'OTAN ne se laisserait pas faire. Le second a prédit «un ou deux mois de crise» avant «un changement drastique dans la situation sécuritaire» dans le sud, tout en se disant «très confiant».