Juillet 2011 n’est plus à l’agenda. En décidant, en avril dernier, d’envoyer 30’000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan, Barack Obama avait exigé qu’en contrepartie, un début de retrait intervienne l’an prochain.

Changement de cap ce samedi à Lisbonne, pour la seconde journée du sommet de l’OTAN consacrée à la situation dans ce pays en guerre depuis plus de trente ans. Même si quelques contingents seront sans doute rapatriés à partir de l’été 2011, la date essentielle est désormais la fin 2014. Avec des garanties au-delà, ancrées par la signature devant les caméras d’un accord de partenariat à long terme entre le pays et l’Alliance atlantique.

« Nous pourrons tenir l’échéance de 2014 grâce à la consolidation rapide des forces de sécurité afghanes, a affirmé le secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen en présence du président Hamid Karzai et du secrétaire général de l’ONU Ban Ki- moon. L’ex premier ministre danois, homme orchestre du sommet de Lisbonne s’est voulu offensif: «Si les insurgés talibans attendent notre départ, ils peuvent l’oublier » a-t-il déclaré. Cent trente mille soldats originaires de 48 pays sont toujours déployés en Afghanistan au sein de la Force internationale d’assistance (ISAF) sous commandement de l’OTAN. Les rênes militaires des opérations sont toutefois aux mains des Américains qui forment plus de 70% de cette armada commandée, depuis juin dernier, par le général David Petraeus.

Les modalités de cette transition programmée pour les trois ans à venir restent néanmoins floues. Sur le principe, l’idée validée par l’OTAN est celle d’un transfert graduel des responsabilités militaires à l’armée afghane « basé sur des résultats ». Le schéma consiste à reléguer de plus en plus les troupes alliées dans un rôle d’entrainement et de soutien, comme vient de le décider le Canada, qui retirera en 2011 ses forces combattantes mais laissera sur place 900 formateurs. Simultanément, cette transition devra s’appuyer, selon l’ONU, sur « une approche globale » intégrant des négociations avec les insurgés et une prise en compte plus grande des préoccupations des autorités afghanes. «La bonne nouvelle est que tout le monde, lors de la discussion, s’en est tenu à ce plan. Il n’y a pas de divergences majeures » s’est félicité le représentant spécial de l’ONU en Afghanistan Steffan de Mistura.

« Notre processus de paix doit être soutenu a plaidé Hamid Karzai, se disant satisfait que ses inquiétudes à propos des pertes civiles et de la détention arbitraire de nombreux suspects afghans aient été évoquées. « La transition réussira et sera irréversible si nos alliés comprennent nos demandes » ail t poursuivi, après avoir accordé récemment plusieurs entretiens à la presse internationale très critiques des méthodes employées par la coalition.

Suite du sommet

Le sommet de Lisbonne, marqué vendredi par l’adoption du nouveau concept stratégique de l’Alliance pour les dix ans prochaines années, se poursuit ce samedi après midi par deux événements: un Conseil Otan-Russie inédit, en présence du président russe Dimitri Medvedev puis un sommet Union européenne - Etats Unis. Résolument projetée vers l’avenir, l’Alliance atlantique espère sortir de ce sommet de Lisbonne « revitalisée », malgré les défis qui s’annoncent en terme de réductions drastiques des dépenses de défense en Europe, et la coopération délicate avec Moscou sur le dossier du désarmement nucléaire et d’un futur bouclier antimissile.