Le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a promis une enquête «immédiate et complète» sur le bombardement de l’Otan qui a tué vendredi, selon les autorités locales, au moins 90 personnes dans le nord de l’Afghanistan.

«Le peuple afghan doit savoir que nous sommes fermement engagés à le protéger et que nous allons enquêter complètement et immédiatement sur cet incident», a déclaré à la presse M. Rasmussen depuis le siège de l’alliance à Bruxelles.

Le bombardement, survenu vendredi matin, visait un camion citerne de carburants saisi jeudi soir par les talibans dans la province de Kunduz, embourbé dans le lit d’une rivière selon la police.

«Il y a eu une frappe aérienne de l’Isaf (la Force internationale d’assistance à la sécurité, que dirige l’Otan) contre les talibans durant la nuit», a-t-il ajouté.

«Il est certain que des talibans ont été tués. Il est possible qu’il y ait eu des victimes civiles également, mais ce n’est pas encore clair», a poursuivi le secrétaire général de l’alliance atlantique.

Une équipe d’enquêteurs a déjà été envoyée sur place, a encore expliqué M. Rasmussen, avant d’ajouter: «attendons de voir ce que l’enquête conclura».

Selon des témoins rencontrés par l’AFP, mais aussi selon de premières déclaration de policiers et de responsables des autorités locales, des centaines de villageois s’étaient massés pour venir puiser de l’essence à l’invitation des talibans qui ne pouvaient faire repartir le camion.

Selon ces mêmes sources, nombre de civils figurent parmi les morts.

Mais le porte-parole des autorités provinciales a assuré que la «plupart» des quelque 90 tués étaient des talibans.

De son côté, le porte-parole du ministère allemand de la Défense, le capitaine Christian Dienst, a indiqué que «plus de 50 militants ont été tués» qualifiant de «spéculations», voire de «propagande ennemie», les informations faisant état de civils tués lors de la frappe aérienne à sept kilomètres de Kunduz.

L’Allemagne est responsable de cette zone dans le cadre de la force internationale de l’Otan en Afghanistan (Isaf).

Londres et les Nations-Unies avaient immédiatement réclamé l’ouverture d’une enquête sur cette attaque pour ne pas saper la confiance de la population dans la présence internationale.