L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a été créée au début de la Guerre froide à Washington. Elle est l’instrument politique et militaire de l’Alliance transatlantique. Cette dernière a elle été conçue pour empêcher l’invasion des pays d’Europe occidentale par l’Union soviétique et ses alliés. Ayant paradoxalement survécu à la Guerre froide, l’OTAN s’est ouverte à de nouveaux membres et s’est créé de nouvelles missions. • Les nouveaux objectifs sont ceux de Barack ObamaLes défis du sommet de LisbonneL’alliance la plus efficace au mondeUn tournant stratégique

A Lisbonne, l’OTAN a élaboré la nouvelle stratégie de l’alliance pour la décennie à venir. Elle a validé sa stratégie de sortie d’Afghanistan, son principal terrain d’action actuel. Les travaux préparatoires du sommet recommandaient que les partenaires jouent un rôle croissant dans les activités de l’organisation. Ils appellaient aussi au renforcement des liens avec la Russie. Enfin, l’OTAN va procéder à une forte réduction de ses effectifs civils et militaires permanents. ■ La défense antimissile Les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN sont proches d’un accord en vue d’ériger un bouclier antimissile en Europe. En vertu de cet accord, un système américain d’intercepteurs de missiles et de radars déjà planifié en Europe serait intégré au système antimissile européen, créant ainsi un système de défense étendu qui protégerait tous les pays de l’OTAN contre les attaques de missiles à moyenne portée. ■ Les liens avec la Russie L’OTAN prévoiyait d’inviter la Russie à se joindre à son effort antimissile, mais sans lui en donner le contrôle conjoint. Une ouverture qui constitue une étape charnière pour l’alliance, qui entend poursuivre le réchauffement de ses relations avec Moscou. En plus de consacrer la défense antimissile à l’échelle du continent, les liens accrus avec la Russie devraient permettre de collaborer plus étroitement dans des domaines comme le contre-terrorisme, le trafic de drogues et la sécurité maritime. > Vers une ère nouvelle entre l’OTAN et la Russie Le retrait d’Afghanistan Engagée depuis 2001 en Afghanistan, l’OTAN veut transférer progressivement, entre 2011 et 2014, la responsabilité des opérations sur le terrain aux forces de sécurité afghanes. La phase de transition doit permettre à la Force internationale de stabilisation (l’ISAF) de ne plus jouer qu’un rôle de soutien. Le processus de retrait progressif des forces devrait commencer début 2011. Un «partenariat à long terme» avec Kaboul devrait être entériné, de manière à éviter de parler d’abandon. > Afghanistan: comment l’OTAN espère s’en sortir
L’Alliance atlantique a été créée aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale pour défendre l’Europe de l’Ouest contre la menace d’une invasion soviétique. Avec leurs alliés d’Amérique du Nord, les pays d’Europe occidentale s’unissent formellement le 4 avril 1949 par la signature du Traité de Washington, qui institue un système de sécurité commune. Conformément à la Charte des Nations unies, le traité réaffirme le droit naturel des Etats indépendants à la légitime défense, individuelle ou collective. Son article 5, pierre angulaire de l’alliance, stipule que «les pays membres conviennent de considérer une attaque armée contre l’un d’eux, en Europe ou en Amérique du Nord, comme une attaque dirigée contre tous». Au moment de la guerre de Corée, toujours par crainte de l’expansionnisme soviétique, les Etats membres de l’Alliance atlantique mettent en place l’instrument politique et militaire de l’alliance, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (North Atlantic Treaty Organization, NATO). Cette structure est dotée d’un secrétariat général administratif, dirigé par le Danois Anders Fogh Rasmussen actuellement. Avec la fin de la Guerre froide, l’OTAN devient obsolète, après la disparition du Pacte de Varsovie et de l’Union soviétique. La présence stratégique américaine permanente en Europe est pourtant maintenue. Elle est le canal essentiel de l’influence américaine en Europe pour les Nord-Américains, et la garantie contre la domination de tel ou tel pays européen sur le Vieux continent. Ainsi, la présence américaine en Europe assure la pérennité de l’OTAN. Pour se moderniser, l’Alliance atlantique élargit le rôle de l’OTAN en lui donnant une portée géographique plus large, et lui assigne une mission de sécurité qui dépasse la défense stricte du territoire de ses Etats membres.
Il s’agit d’un document cadre qui est revu environ tous les dix ans. Le concept stratégique est un outil qui permet à l’Alliance atlantique de s’adapter aux nouveaux défis de la sécurité liés à l’évolution des relations internationales. Il permet d’orienter l’évolution politique et militaire de l’alliance. Initialement articulé sur la notion de «représailles massives» en cas d’agression de l’un de ses membres – y compris le feu nucléaire -, le concept stratégique sera basé par la suite sur l’idée de «riposte graduée». Avec la fin de la Guerre froide, le concept hérité de l’affrontement Est Ouest devient caduc. L’OTAN définit alors une nouvelle doctrine dans les années 90, qui, après la confrontation, consacre la coopération avec les ennemis d’hier. La sécurité des Etats membres reste la priorité mais l’alliance entend élargir son action à l’Europe tout entière. L’outil de défense se modernise par ailleurs. Il encourage la mobilité et la capacité d’adaptation des forces armées des Etats membres aux missions de maintien de la paix notamment.
Les capacités de l’OTAN reposent dans leur quasi-totalité sur les ressources des Etats membres. Pour permettre à l’organisation de remplir ses nouvelles missions, l’accent a été mis sur la mobilité et la rapidité du déploiement des forces d’intervention. L’OTAN a développé des partenariats avec la Russie et d’autres pays de la Communauté des Etats indépendants, et avec certains pays méditerranéens. Avec des missions qui incluent la prévention des conflits et la gestion des crises, la non-prolifération, la lutte contre le terrorisme, l’OTAN a été amenée à élargir sont rayon d’action. C’est ainsi que l’alliance est intervenue par exemple en ex-Yougoslavie et en Afghanistan. Elle s’est également engagée aux côtés de l’Union européenne dans le cadre de l’opération anti-piraterie Atalante et a participé à diverses missions humanitaires en Afrique et en Asie. Sur le plan militaire, l’OTAN dispose d’un nombre limité de forces communes, principalement dans les quartiers généraux permanents. Le reste et l’essentiel des forces et moyens militaires des pays membres demeure en grande majorité sous commandement et contrôle nationaux. A quelques exceptions près, le personnel et les matériels militaires sont affectés à l’OTAN par les pays membres, qui sont responsables de leur financement. La plus significative des exceptions est la Force aéroportée de détection lointaine et de contrôle de l’OTAN, constituée d’une flotte d’avions équipés de radars, achetée, détenue, exploitée et entretenue conjointement par les pays membres. Le budget propre de l’OTAN est consacré à des dépenses qui répondent aux intérêts collectifs des pays membres. Ces dépenses représentaient 1 735 milliards d’euros en 2005, soit moins de 0,5 % du total des dépenses de défense des pays de l’OTAN. Les 5 principaux contributeurs sont les Etats-Unis (29,16%), l’Allemagne (19,95%), le Royaume-Uni (11,59%), la France (6,40%) et l’Italie (7,33%).
■ Liste des 28 pays membres de l’OTAN Albanie, Allemagne, Belgique*, Bulgarie, Canada, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Etats-Unis, France, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie et Turquie. (* pays signataire du Traité de Washington du 4 avril 1949, l’acte fondateur de l’Alliance atlantique) ■ Liens internetSite de l’OTANQuartier général des forces alliées en EuropeCommandement alliéAssemblée parlementaire de l’OTANMission des Etats-Unis auprès de l’OTANLes documents fondamentaux de l’OTAN