Anders Fogh Rasmussen a un objectif chiffré: convaincre les alliés des Etats-Unis d’envoyer en Afghanistan entre 3’000 et 7’000 hommes suppplémentaires. Le secrétaire général de l’Otan est, pour cela, en discussion avec les principales capitales européennes qui, en retour, exigent une «stratégie de sortie » du conflit et l’esquisse d’un « calendrier de retrait ».

Les alliés, confirme-t-on à Bruxelles où se trouve le QG de l’Alliance atlantique, attendent, en plus, de savoir ce que décidera Barack Obama qui devrait, après la fête de Thanksgiving le 26 novembre, statuer sur les renforts demandés par son commandant en chef à Kaboul, le général Stanley McChrystal. La plupart des experts prédisent une « surge » (poussée) d’environ 30’000 hommes pour le combat et l’entrainement de l’armée et de la police afghane. Une fois les décisions prises à Washington, vers le 30 novembre, les ministres de la Défense de l’Otan pourraient se prononcer dès leur rencontre dans la capitale belge, les 3 et 4 décembre.

Obtenir des renforts militaires des Européens serait un succès pour l’administration Obama. Et une preuve que l’Otan joue encore un rôle clef dans le conflit afghan, malgré les tiraillements entre alliés et les réticences suscitées par la réélection récente du président Hamid Karzaï, seul en lice au second tour. « Le secrétaire général est convaincu de la nécessité d’un partage équitable du fardeau avec les Etats-Unis » explique James Apphaturai, le porte-parole de l’Otan. Quatre pays sont sur la liste « prioritaire » de Anders Fogh Rasmussen, pour des renforts allant de 500 à 1’500 hommes: l’Italie pourrait ajouter 400 soldats à son contingent actuel de 2800; la Turquie pourrait passer de 800 à 1600 hommes sur place, le Royaume Uni a déjà annoncé l’envoi de 500 soldats supplémentaires et la France a envoyé le 16 novembre 150 gendarmes pour l’entrainement de la police, désormais confié à l’Otan. Un transfert supplémentaire de responsabilités à l’armée afghane s’opèrerait en parallèle. Les Etats-Unis comptent actuellement 68’000 hommes et leurs alliés 38’000.

Les Européens, pourtant, ne lâchent rien sur le plan politique. Londres a proposé d’accueillir, au début 2010, une nouvelle conférence internationale sur la reconstruction en Afghanistan, que l’ONU envisageait de tenir d’abord à Kaboul. Ce qui, au vu des attentats à répétition, paraît impossible. Lors du conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles mardi 17 novembre, de nombreuses questions ont été posées sur la finalité de la mission. Les ministres exigent que leur stratégie commune Afghanistan-Pakistan, formulée en octobre et centrée autour de la gouvernance, soit mise en place grâce à d’importants renforts civils. Avec pour objectif d’obtenir un calendrier de retrait des troupes étrangères. Les Pays-bas ont ainsi déjà fixé à 2010 le départ de leur contingent, et au Danemark (pays de M. Rasmussen), un récent sondage a montré que 49% des personnes interrogées souhaitent une date de retrait.