L’activiste soudanaise Loubna Hussein a finalement été libérée ce mardi, selon l’Union des journalistes soudanais, après avoir été jugée et incarcérée hier. Elle a été condamnée pour port de tenue indécente, en l’occurrence un pantalon, infraction pour laquelle elle risquait initialement 40 coups de fouet. Mme Hussein avait été arrêtée début juillet par la police avec une douzaine d’autres jeunes femmes dans un café de la capitale soudanaise. Hier elle a refusé de payer l’amende de 500 dollars à laquelle elle a finalement été condamnée, d’où son incaracération. C’est l’Union des journalistes soudanais qui a finalement payé la somme.

Son combat a largement été médiatisé et plusieurs gouvernements et médias étrangers ont défendu sa cause. La France a rendu hommage mardi au «combat courageux» que la Soudanaise mène en faveur des droits des femmes au Soudan. Paris avait envoyé un représentant suivre le procès.

Dans un éditorial ce mardi, le quotidien pro-gouvernemental soudanais al-Ray al-Aam (l’opinion publique) reprochait à la jeune femme de «politiser» la décision rendue la veille par le tribunal de Khartoum-Nord.

L’ONU s’en mêle

Treize autres femme sont été détenues avec Loubna Hussein pour les mêmes raisons. Leur condamnation viole le droit international et est typique des discriminations contre les femmes au Soudan, a estimé mardi le bureau du Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. «L’arrestation et la condamnation de Mme Hussein et des autres femmes représente une violation de l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel le Soudan a adhéré», a expliqué un porte-parole du HCR, Rupert Colville, lors d’un point presse.

«Le cas de Loubna Ahmed al-Hussein est à notre avis emblématique d’une tendance plus large (...) de lois qui discriminent les femmes au Soudan», a dénoncé le porte-parole.