Les neuf membres du Conseil constitutionnel français auraient peut-être dû tenir leurs délibérations ici: dans cette salle à manger de la maison familiale d’Arbois (Jura) où Louis Pasteur (1822-1895) venait se ressourcer presque chaque week-end. Ce vendredi 21 janvier, les sages de la rue de Montpensier, siège de leur institution à Paris, ont avalisé la majorité du projet de loi transformant, en France, l’actuel «pass sanitaire» en «pass vaccinal». Son entrée en vigueur, prévue la semaine prochaine, ne devrait donc pas être différée. Avec pour conséquence d’ériger une barrière encore plus grande entre les titulaires d’un «schéma vaccinal complet» (deux doses plus un rappel) et tous ceux qui ne sont pas en mesure de le fournir. Plus de recours possible alternatif aux tests PCR ou antigéniques pour entrer dans les lieux publics ou les trains grandes lignes. Une vérification d’identité plus systématique, laissée à l’appréciation des opérateurs de bars, cafés et restaurants… Le vaccin est bien la marque de la nouvelle «citoyenneté sanitaire» mise en avant par Emmanuel Macron dans ses récents discours.