«Je ne veux pas me mêler des affaires intérieures autrichiennes. L'UDC n'appartient pas à la famille de Le Pen ni à celle du FPÖ de Haider», a déclaré jeudi au Temps, de Davos, le président de la Confédération, Adolf Ogi. Si le conseiller fédéral demeure silencieux face à la possible constitution d'une coalition gouvernementale, en Autriche, englobant l'extrême droite de Jörg Haider, il réagit en revanche à un rapport du Conseil de l'Europe qui range l'UDC, son parti, parmi les formations d'extrême droite faisant le lit de la xénophobie (Le Temps du 26 janvier).

Ruth Dreifuss est le seul membre du Conseil fédéral à s'être prononcé publiquement sur l'évolution de la donne politique en Autriche (lire en page 13). Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) de Joseph Deiss a «évoqué» jeudi, sans plus, l'éventuelle entrée du FPÖ de Jörg Haider dans un gouvernement, indique le porte-parole du DFAE, Ruedi Christen. «Le gouvernement autrichien n'est pas formé. Nous attendons», ajoute-t-il.

La Suisse entretient d'«excellentes» relations avec l'Autriche, explique-t-on à Berne. Le Département de justice et police de Ruth Metzler et les ministères autrichiens de la Justice et de l'Intérieur ont récemment établi une panoplie de mesures sécuritaires. Militaires suisses et autrichiens sont également proches. Si, toutefois, un membre du FPÖ devait hériter du portefeuille de l'Intérieur ou de la Justice, cela poserait un problème, admet-on. Une autre source fédérale dédramatise la situation: «Ce n'est pas le parti, FPÖ ou autre, qui importe, c'est la personne. Nous avons bien en Suisse un ministre UDC.»