L’essentiel

L'autorité européenne des médicaments s'est prononcée jeudi au sujet des critiques adressées au vaccin d’AstraZeneca, accusé notamment de provoquer des thromboses. Il est «sûr et efficace» est «n'est pas associé» à un risque plus élevé de caillots sanguins, a-t-elle annoncé.

Le premier ministre français annonce un reconfinement de l’Ile-de-France, sous une forme peut-être inédite.

Avec 1750 en 24 heures, le nombre de cas est en hausse en Suisse.

Retrouvez notre suivi de la journée de mercredi


■ Jean Castex aux Français: «Aérez-vous, mais ne sortez pas de votre département»

Le premier ministre français Jean Castex prend la parole en cette fin de journée. Il parle d'entrée de jeu d'une «troisième vague», et lance: «La situation se dégrade» – pour l'anecdote, c'est la même expression que celle employée par Alain Berset devant le National mercredi.

Jean Castex annonce «de nouvelles mesures de freinage massives» envisagées dans 16 départements, dont ceux de l'Ile-de-France, à partir de samedi et pour quatre semaines. Sont aussi concernés: les Hauts-de-France, les département des Alpes-Maritimes, de la Seine-Maritime et de l'Eure.

Des commerces dits «non-essentiels» seront fermés à Paris et les autres départements concernés. Cette fois, librairies et disquaires restent ouverts. Les écoles et collèges (primaire) ouvriront normalement mais les lycées basculeront tous en «demi-jauge».

Les sorties, non limitées dans le temps, devront se faire dans un rayon de 10 km autour du domicile avec attestation. Le ministre appelle à profiter des balades en plein air, mais rappelle que le télétravail doit demeurer la norme, à quatre jours sur cinq, «ce qui est loin d'être le cas».

En revanche, heure d'été oblige, le couvre-feu sera retardé à compter de samedi de 18h à 19h.

Retrouvez bientôt la lecture de ces mesures par notre correspondant à Paris.


■ L'Agence européenne des médicaments a pris position en faveur du vaccin AstraZeneca

«Le comité est parvenu à une conclusion scientifique claire: il s'agit d'un vaccin sûr et efficace», a déclaré la directrice exécutive du régulateur européen (EMA), Emer Cooke, lors d'une visioconférence. L'agence, basée à Amsterdam, «a également conclu que le vaccin n'était pas associé à une augmentation du risque global d'événements thromboemboliques ou de caillots sanguins», a précisé la directrice. Elle a toutefois expliqué que l'EMA ne pouvait exclure définitivement un lien entre le vaccin élaboré par le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca et des troubles de la coagulation rares.

Lire aussi: Cinq questions sur les suspensions du vaccin d’AstraZeneca

Une quinzaine de pays, dont l'Allemagne, la France et l'Italie, ont suspendu par précaution l'utilisation de ce vaccin, après le signalement d'effets secondaires possibles, tels que des troubles de la coagulation et la formation de caillots.

Notre revue de presse: Tout le monde ne pense pas que suspendre le vaccin AstraZeneca soit raisonnable 

Plus tôt dans la journée, c'est l'autorité britannique de surveillance des médicaments (MHRA) qui avait pris position à ce sujet dans un communiqué: «Notre examen approfondi et minutieux, mené parallèlement à l'évaluation critique de scientifiques indépendants de premier plan, montre qu'il n'y a aucune preuve d'une occurence accrue de thromboses après vaccination, que ce soit pour le vaccin d'AstraZeneca ou celui de Pfizer/BioNTech».


■ Joe Biden est en avance sur ses objectifs de vaccination

Les Etats-Unis étaient sur le point jeudi de franchir, avec plus d'un mois d'avance, l'objectif fixé par le président Biden de 100 millions de vaccinations durant les 100 premiers jours de son mandat. Ce dernier doit s'exprimer jeudi, au 58e jour de sa présidence, pour, selon un responsable de la Maison Blanche, évoquer "les progrès" accomplis par rapport à cet objectif.

Le rythme de vaccination aux Etats-Unis a accéléré de manière spectaculaire au cours des dernières semaines. Il est actuellement de 2,4 millions de doses par jour en moyenne, contre un peu moins de un million lorsque le président démocrate est arrivé au pouvoir le 20 janvier. Dans ce contexte, il apparaît réaliste d'envisager un doublement de l'objectif initial, soit 200 millions de vaccinations durant les 100 premiers jours du mandat Biden.

A ce sujet: A New York, où l’on vaccine 24 heures sur 24

Selon les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), près de 30% des Américains de plus de 18 ans ont reçu au moins une dose. Ce chiffre monte à plus de 65% pour les Américains de 65 ans et plus. Les Etats-Unis ont déjà passé des commandes suffisantes pour recevoir d'ici fin mai assez de doses pour vacciner l'ensemble des adultes américains.


■ Les résidents des EMS vaudois sont vaccinés

La campagne de vaccination vaudoise dans les établissements médico-sociaux et dans les autres institutions du même type arrive à son terme, indique le canton dans un communiqué publié jeudi. 95% des personnes éligibles ont choisi d’être vaccinées.

«Cette large immunité permet d’assouplir les mesures qui régissent le quotidien dans les établissements et les contacts avec leurs proches et leur famille, ce qui est fondamental pour leur bien-être», a déclaré Rebecca Ruiz, cheffe du Département de la Santé et de l’Action Sociale.

Lire le reportage: A Fribourg, la renaissance de l’EMS Saint-Martin

Lancée de façon anticipée le 30 décembre 2020 au Mont-Pèlerin, la campagne aura concerné 180 établissements, visités deux fois par les équipes mobiles de la Protection civile. Environ 8000 résidents et 4500 membres du personnel ont reçu leurs deux doses. Les vaccins administrés étaient ceux des laboratoires Pfizer-BioNTech et Moderna.


■ A Bergame, les camions militaires hantent toujours les esprits

Le 18 mars 2020, les images choc du macabre cortège des camions militaires transportant des cercueils en pleine nuit de Bergame vers d'autres communes du nord de l'Italie faisaient le tour du monde. Un an plus tard exactement, cette cité martyre du coronavirus continue à panser ses plaies.

Au plus fort de la pandémie, le père Marco Bergamelli bénissait des cercueils toutes les dix minutes. «Au début, les camions venaient la nuit, personne ne devait savoir que les cercueils partaient ailleurs», explique-t-il. Des poids lourds aux bâches de camouflage enlevaient jusqu'à 70 cercueils par jour de l'église, réquisitionnée car les chambres mortuaires étaient saturées. Et le crématorium du cimetière n'arrivait plus à suivre, face à l'hécatombe provoquée par le virus.


Nos articles l'an dernier:


Tous les Bergamasques ou presque ont perdu un membre de leur famille, un ami, un collègue, un voisin. Au cimetière, de somptueux mausolées de marbre jouxtent de petites sépultures creusées à la hâte, pour la plupart sans pierre tombale, portant des écriteaux avec les noms et photos des défunts: c'est le «Campo Covid» B1, réservé aux victimes de la pandémie.


Aujourd'hui, avec du recul: 


Aujourd'hui, à l'hôpital de Seriate, près de Bergame, l'unité de soins intensifs affiche à nouveau complet: ses huit lits sont tous occupés par des malades du Covid-19, même si l'afflux n'est pas comparable au plus fort de la pandémie il y a un an. Les bips continus des moniteurs cardiaques et le ronronnement des ventilateurs artificiels résonnent dans la salle. «Le covid est plus agressif maintenant, avec beaucoup de cas de variant anglais. Les patients sont plus jeunes qu'avant», s'inquiète Roberto Keim, 59 ans, directeur de l'unité.


■ Le Royaume-Uni fait face à son tour à une baisse des livraisons de vaccins

Le gouvernement britannique s'est voulu rassurant jeudi face aux inquiétudes suscitées par une réduction en avril des approvisionnements en vaccins contre le Covid-19 au Royaume-Uni, susceptible de ralentir sa campagne de vaccination, l'une des plus avancées au monde. «Les approvisionnements seront plus restreints en avril que ce mois-ci et il y a un nombre très important de deuxièmes doses à administrer», a reconnu le ministre de la Santé, Matt Hancock, devant les députés. Mais «il n'y aura pas de semaine en avril sans premières doses» administrées, a-t-il assuré.

Dans une lettre qui a fuité dans les médias, le service public de santé (NHS) avertit d'une «réduction importante» dans l'approvisionnement hebdomadaire à partir du 29 mars, pour une durée d'un mois, sans détailler ni les causes ni les fabricants concernés. Selon Matt Hancock, qui n'a pas donné de chiffres, ces problèmes d'approvisionnements sont attribuables à «un retard dans l'arrivée prévue» de vaccins produits par le Serum Institute en Inde (SII), sans préciser de quel vaccin il s'agissait exactement.


■ 1750 nouveaux cas en 24 heures

La Suisse compte 1750 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, selon les chiffres de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). 23 décès supplémentaires sont à déplorer et 71 malades ont été hospitalisés. En comparaison hebdomadaire ces chiffres marquent une claire augmentation.

Durant les dernières 24 heures, les résultats de 36 716 tests ont été transmis. Le taux de positivité s'élève à 4,77%. Le taux de reproduction, qui a un délai d'une dizaine de jours, est lui de 1,14.

Depuis le début de la pandémie, 578 861 cas ont été confirmés en laboratoire sur un total de 5 561 017 tests effectués en Suisse et au Liechtenstein. Le total des décès s'élève à 9492 et le nombre de personnes hospitalisées atteint 24 360.

Le pays dénombre par ailleurs 11 557 personnes en isolement et 20 303 individus faisant partie de leurs contacts ont été mis en quarantaine. S'y ajoutent 3577 autres personnes revenant de voyage d'un pays à risque.


■ L’OMS «particulièrement inquiète» pour les Balkans et l’Europe centrale

A l’heure où le nombre de cas en Europe augmente pour la troisième semaine consécutive, «nous sommes particulièrement inquiets de la situation épidémiologique dans les Balkans ainsi que dans beaucoup d’autres pays d’Europe centrale», a affirmé Catherine Smallwood, chargée des situations d’urgence à l’OMS Europe, soulignant que le nombre de morts et d’hospitalisations y est actuellement «parmi les plus élevés dans le monde».

Le nombre de personnes qui meurent du Covid-19 en Europe est plus élevé aujourd’hui qu’il ne l’était à la même époque l’année dernière

Hans Kluge, directeur Europe de l’OMS, 

«L’incidence des cas poursuit sa tendance à la hausse et se déplace vers l’est. Nous en sommes à la troisième semaine consécutive de hausse des cas» dans la région qui compte 53 pays, a relevé le directeur Europe de l’OMS, Hans Kluge. Sur les sept derniers jours, plus de 21 000 personnes sont décédées du Covid-19 dans les pays d’Europe, selon l’OMS.


■ Cas et décès repartent à la hausse, les personnes touchées sont plus jeunes

Après une baisse continue depuis Noël, les cas sont repartis à la hausse à fin février. Au cours de la première semaine de mars, l’augmentation était de 4,8%. Elle a atteint 15,7% durant la deuxième semaine, indique le rapport hebdomadaire de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).

A l’échelle nationale, les autorités ont enregistré 101,6 infections pour 100 000 habitants, contre 87,8 la semaine précédente. Parallèlement, le nombre de tests a aussi crû, de 11,6%.

Deux cent soixante-cinq personnes ont dû être hospitalisées durant la deuxième semaine de mars (226 la précédente). L’âge médian des personnes hospitalisées était de 64 ans, continuant ainsi à descendre, vraisemblablement grâce à l’effet des vaccinations. En octobre dernier, cet âge médian avait atteint un pic, à 77 ans.

La courbe des décès est aussi repartie à la hausse la semaine dernière, avec 59 morts, soit quinze de plus que la semaine précédente. L’OFSP relève que la part des décès survenus dans des EMS ne représentait plus que 20% durant la dixième semaine, contre 48% en moyenne depuis la mi-octobre.


■ La loi covid est enfin acceptée

Après de nombreux et longs débats, la révision de la loi Covid-19 est sous toit. Le parlement s’est montré de nouveau plus généreux que le gouvernement, résume l’agence ATS. Il veut débloquer quelque deux milliards supplémentaires, notamment pour les indépendants.

La date de création des entreprises. Le cœur de la révision réside, lui, dans l’aide aux cas de rigueur. Le projet prévoyait de quadrupler l’enveloppe à 10 milliards de francs. Le parlement s’est montré un peu plus généreux, élargissant notamment le cercle des bénéficiaires. Les entreprises fondées avant le 1er octobre 2020, et non le 1er mars comme le proposait le gouvernement, pourront être prises en compte.

La question des 40%. Objet de tensions entre les deux Chambres, la définition des cas de rigueur n’a elle finalement pas été revue. Les restaurants, commerces, cinémas et autres entreprises fermées par les autorités pendant au moins 40 jours seront automatiquement considérés comme tels. Les autres devront justifier d’un recul de 40% de leur chiffre d’affaires. La conférence de conciliation a tranché en faveur des sénateurs, qui ont accepté jeudi sa proposition à l’unanimité. Le National, qui voulait assouplir les règles, a suivi peu après par 179 voix contre 9.

Le soutien aux PME. Les petites et moyennes entreprises, ayant un chiffre d’affaires inférieur à 5 millions de francs, auront droit à une contribution à fonds perdu allant jusqu’à un million. Les plus grandes pourront recevoir jusqu’à 10 millions. Les entreprises souhaitant une aide de plus de 5 millions devront mettre la main au porte-monnaie et fournir des prestations propres à hauteur de 40%.


■ L’ONU prévoit une croissance mondiale de 4,7%

L’ONU anticipe une croissance de 4,7% pour cette année, grâce à une relance plus importante qu’elle était prévue aux Etats-Unis. Mais il manquera plusieurs milliers de milliards à l’économie mondiale pour retrouver le volume attendu, avertit l’instance ce jeudi à Genève.

Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, la consommation américaine devrait être étendue par l’accélération de la vaccination et le plan économique du président Joe Biden. En revanche, la situation mondiale restera difficile et de nombreux pays en développement seront «durement» affectés. Le soutien international à ces Etats est insuffisant, déplore l’agence onusienne. Pour autant, toutes les régions devraient progresser cette année, même s’il faudra encore au moins un an, sans austérité, avant de retrouver les volumes de production et d’emplois prévus sans pandémie.


■ La Nouvelle-Calédonie prolonge son confinement

En Nouvelle-Calédonie, le confinement, entré en vigueur le 9 mars pour deux semaines, va être prolongé d’une semaine. L’archipel français du Pacifique espère redevenir un territoire sans Covid, a déclaré jeudi le président du gouvernement local.

«Avec le haut-commissaire de la République, nous avons pris la décision de prolonger d’une semaine le confinement strict de la population, jusqu’au dimanche 28 mars minuit», a déclaré Thierry Santa, président du gouvernement collégial. «Cette troisième semaine de confinement sera décisive», a-t-il ajouté.

Après être resté un an exempt de Covid-19, l’archipel français a recensé le 7 mars ses 9 premiers cas de la maladie, hors quatorzaine obligatoire pour tout passager arrivant, après une introduction du virus via la bulle sanitaire en place avec l’archipel voisin de Wallis et Futuna. Depuis, 28 autres cas de la maladie ont été décelés.

Les vols internationaux dans le sens des arrivées, déjà drastiquement réduits, sont suspendus depuis le 7 mars tandis que tous les établissements scolaires et universitaires sont fermés.


■ En Tanzanie, le covid attise les tensions politiques autour du président décédé

Le président de la Tanzanie John Magufuli «est mort du corona», affirme ce jeudi son principal opposant Tindu Lissu, qualifiant le décès du chef d’Etat comme une forme de «justice immanente» après qu’il n’a eu de cesse de minimiser l’impact du Covid-19.

La vice-présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a annoncé mercredi soir le décès du président Magufuli, 61 ans, officiellement en raison de problèmes cardiaques, dont il souffrait depuis dix ans.

A la tête du pays depuis 2015 et réélu pour un second mandat en octobre dernier, le président n’était plus apparu en public depuis le 27 février. Cette absence avait alimenté les rumeurs, qui le disaient atteint du Covid-19.