Europe

L'UE a fêté ses 60 ans, pas sûre de faire encore beaucoup rêver

Une quarantaine de dirigeants de l'Union européenne ont signé ce samedi la Déclaration de Rome, 60 ans exactement après le Traité de Rome. Quelques milliers de citoyens européens ont défilé dans l'après-midi à Rome mais aussi à Londres, à Varsovie, à Bruxelles, sans incidents

19h00. Défilés sans incidents à Rome. C'est la fin de cette journée historique. Davantage d'Europe, une autre Europe ou contre l'Europe: des milliers de personnes - pro et anti-UE - ont défilé dans la ville même où le Traité fondateur de l'Union a été signé, il y a 60 ans, sans incident, dans différents cortèges, sous haute surveillance. Quelques dizaines de milliers de personnes en tout se sont mobilisées en Europe, bien loin du million de pèlerins venus à Milan voir le pape.

15h30. Des manifestants ailleurs qu'à Rome aussi. A Berlin, Varsovie ou Bruxelles, les 60 ans du Traité de Rome ont rassemblé tout l'après-midi des milliers de manifestants partisans de l'Union.

15h15. Des milliers de manifestants. Plusieurs marches pour et contre l'UE étaient organisés ce samedi à Rome. Dix mille personnes environ ont défilé dans une atmosphère bon enfant en direction du Colisée sous les couleurs rouge et vert de «Notre Europe», en faveur d'une union libérée des murs, de l'austérité et du racisme, au son de «Bella Ciao». Le Colisée devait voir ensuite converger aussi les partisans d'une Europe fédérale, partis de la place de la célèbre Bocca della Verità.

Dans le même temps, des souverainistes italiens étaient réunis sur une autre place de la ville tandis qu'un cortège «Euro-stop» était prévu en début d'après-midi au sud du centre historique. La police sur les dents redoute l'irruption de manifestants violents de type black bloc.

14h00. L'avertissement à Londres. Londres devra «payer nécessairement les conséquences» du Brexit, a affirmé François Hollande. «Nous ferons en sorte» que le Brexit «ne soit pas au détriment de l'Europe» a averti le président français dans une déclaration à la presse.

«Il y aura un 100e anniversaire de l'UE», avait déclaré auparavant le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

11h45. Il y a des signatures qui durent... Sous les applaudissements, chacun des 27 chefs d'Etat et de gouvernement ainsi que les dirigeants des institutions européennes ont paraphé la «Déclaration de Rome» au Capitole, dans la même salle des Horaces et des Curiaces où avait été signé le traité historique le 25 mars 1957. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a signé la «Déclaration de Rome» avec le stylo original - «la même plume», a-t-il souligné - que celui employé par le représentant Luxembourg il y a 60 ans. «Il y a des signatures qui durent», a commenté M. Juncker, longuement applaudi. 

11h30. L'appel à l'Union de Donald Tusk. Le président du Conseil européen a exhorté les 27 de l'UE à «prouver aujourd'hui qu'ils sont les dirigeants de l'Europe», dans un discours à Rome à l'occasion du 60e anniversaire du traité fondateur de l'Union. «L'Union après Rome doit être, plus qu'avant, une Union des mêmes principes, une Union avec une souveraineté extérieure, une Union d'unité politique», a plaidé Donald Tusk devant les 27 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union, au moment où le Royaume-Uni s'apprête à quitter ses partenaires.

L'événement. Il y a 60 ans, l'Allemagne, la France, l'Italie et les pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) s'engageaient à «établir les fondements d'une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens». Les dirigeants de l’Union européenne vont renouveler samedi à Rome ces voeux de mariage. Une déclaration solennelle doit proclamer «une union une et indivisible».

Les présents et les absents. Les dirigeants de 27 États membres et des institutions de Bruxelles se retrouveront au Capitole, dans un palais de la renaissance, là où fut signé le traité fondateur de l'UE le 25 mars 1957, mais sans la première ministre britannique Theresa May, qui a décidé de lancer la complexe procédure de séparation d'avec le bloc européen mercredi prochain.

Un cauchemar pour les forces de l'ordre. Six manifestations sont attendues aujourd'hui dans les rues de Rome et les forces de l'ordre sont sur les dents, après les attentats à Orly, Londres et Anvers cette semaine. Des tireurs d'élite, un centre historique bouclé, des caméras de surveillance: la ville éternelle a prévu un imposant dispositif de sécurité. La journée promet d'être un cauchemar pour les forces de l’ordre italiennes.

Une crise majeure. Brexit, mais aussi vagues migratoires, marasme économique, attentats djihadistes et repli identitaire: conçue à six pour reconstruire l'Europe après la seconde guerre mondiale, l'UE à 27 traverse pourtant en ce moment la pire crise de son histoire. Elle «risque de mourir» si elle ne retrouve pas les idéaux des pères fondateurs, comme «la solidarité», a plaidé vendredi soir le pape François en recevant les dirigeants européens au Vatican.

Même Donald Trump félicite la construction européenne. Même l'administration du président américain Donald Trump, incarnation d'un populisme triomphant et chaud partisan du Brexit, a «félicité» l'UE, à l'occasion de ses 60 ans, soulignant un engagement commun à promouvoir «la liberté, la démocratie et l'Etat de droit».

Une refondation mal emmanchée. «Rome doit marquer le début d'un nouveau chapitre» pour une «Europe unie à 27», a affirmé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Pourtant au-delà de ces voeux pieux, la «Déclaration de Rome» de samedi elle-même n'a pu échapper aux divisions qui opposent les Européens. La Grèce, sur le chapitre social, et la Pologne, sur l'idée d'Europe «à plusieurs vitesses» appuyée par Paris et Berlin, ont ainsi bataillé ces derniers jours pour modifier le document en leur faveur. 

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