«Oui, je dirai que l’inspection des sites nucléaires relève des attributions de l’AIEA et j’espère que l’Iran garantira que l’AIEA soit en mesure de s’y rendre et de poursuivre son travail», a dit Catherine Ashton à Reuters après un entretien à Budapest avec le ministre hongrois des Affaires étrangères, Janos Martonyi.

«Mon opinion est que même si cette invitation ne m’inspire aucune pensée négative, ce n’est pas notre rôle et l’observation des sites et de leur utilisation revient aux inspecteurs», a-t-elle ajouté.

L’Iran a invité plusieurs ambassadeurs accrédités auprès de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA) à se rendre ce mois-ci sur certains de ses sites nucléaires, avant des discussions sur son programme nucléaire prévues en Turquie avec le groupe E3+3 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu et l’Allemagne).

La Hongrie assume la présidence tournante de l’UE durant le premier semestre 2011 et, à ce titre, a été invitée par l’Iran. La France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, les trois membres européens du groupe E3+3, n’ont en revanche pas reçu d’invitation, pas plus que les Etats-Unis. La Russie et la Chine, les deux autres membres permanents du Conseil de sécurité, ont pour leur part été conviées.

Les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux soupçonnent l’Iran de chercher à se doter de l’arme atomique sous le couvert d’un programme énergétique civil. La République islamique assure que son programme vise uniquement à produire de l’électricité.

Catherine Ashton dit avoir consulté la Russie et la Chine avant de décider de décliner l’invitation iranienne. «Il est évident que nous nous sommes coordonnés avec les autres membres du groupe E3+3 qui étaient invités», a dit la Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

Des diplomates occidentaux considèrent l’invitation iranienne comme une tentative de semer la division entre les six interlocuteurs de Téhéran. La Russie et la Chine ont été plus réticentes que les Etats-Unis et l’UE à imposer des sanctions à l’Iran pour la poursuite de son programme nucléaire.

Les autorités russes et chinoises sont vivement encouragées à décliner elles aussi la proposition de l’Iran, ont dit mercredi des diplomates occidentaux.

Catherine Ashton ne s’est pas avancée sur ce point. Elle a simplement souligné que l’invitation iranienne n’entraverait pas les discussions auxquelles elle participe entre l’E3+3 et l’Iran.

«Il ne s’agit absolument pas d’un écueil. Nous connaissons la date des (prochaines) discussions, nous commençons le 20 janvier au soir et nous disposons de deux jours, ou au moins d’un jour et demi, ce qui est extrêmement positif», a-t-elle dit.