L’UE «se tient prête à fournir une assistance immédiate pour préparer et organiser le processus des élections» annoncées après le départ de l’ex-président Zine El Abidine Ben Ali, a déclaré la chef de la diplomatie de l’UE Catherine Ashton, dans un communiqué commun avec le commissaire européen chargé des Relations de l’UE avec ses pays voisins, Stefan Füle.

«La Tunisie a atteint un point de non retour», ont estimé les deux responsables, en condamnant les actes visant à «déstabiliser davantage la situation sécuritaire», alors que des fidèles au chef de l’Etat déchu sont soupçonnés de chercher à créer le chaos.

«Nous soutiendrons la Tunisie dans ses efforts» pour parvenir à réaliser une «démocratie stable», ont-ils assuré, en appelant «toutes les forces démocratiques à se mettre en avant pour créer une nouvelle démocratie tunisienne et corriger les erreurs du passé».

Les Etats-Unis se sont aussi dit prêts lundi à assister le gouvernement tunisien pour organiser rapidement des élections libres qui «reflèteraient la volonté du peuple».

Au pouvoir depuis 23 ans, Zine El Abidine Ben Ali a fui son pays vendredi après un mois de manifestations réprimées dans le sang.

Samedi, le Conseil constitutionnel tunisien a proclamé «la vacance définitive du pouvoir» et la nomination de Foued Mebazaa, président du Parlement, au poste de président de la République par intérim.

Selon la Constitution, des élections présidentielle et législatives doivent être organisées dans un délai de 60 jours.

Dans l’imédiat, compte tenu de la situation toujours volatile en Tunisie, l’Europe est aussi disposée «si on le demande» à «déployer l’assistance nécessaire pour aider les autorités tunisiennes à faire face aux besoins urgents» du pays.

Plus généralement, les Européens travaillent à un ensemble de propositions visant à soutenir les nouvelles autorités dans le domaine politique et économique, «dès que la situation politique sera stabilisée», selon le communiqué.

Parmi elles figurent l’option d’un renforcement des relations bilatérales dans le domaine commercial, avec des tarifs douaniers préférentiels.

L’UE est liée à la Tunisie par un accord d’association datant de 1995.

Depuis mai 2010, elle négocie en vue de lui octroyer, à l’instar du Maroc, un «statut avancé» que Tunis demande depuis novembre 2008. Cette option «est clairement sur la table», a dit la porte-parole de Mme Ashton, Maja Kocijancic.

L’UE a jusqu’ici conditionné toute avancée dans ce domaine à des progrès en particulier dans le respect des droits de l’Homme.