L’UE pourrait donner une dernière chance à la Grèce

Europe Athènes va présenter une demande pour une nouvelle aide

Un nouveau sommet serait en vue pour finaliser un accord

Lorsque le nouveau ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, d’épais dossiers sous le bras et l’air serein, est arrivé en tout début d’après-midi mardi pour assister à sa première réunion de l’Eurogroupe (ministres des Finances de la zone euro), il a fait bonne impression. La réunion avait été convoquée d’urgence pour décider de la voie à suivre suite au non massif à l’austérité exprimé lors du référendum dimanche dernier en Grèce. Dix-huit ministres attendaient donc de leur homologue grec un programme de réformes pouvant remettre l’économie grecque sur le chemin de la croissance.

Euclide Tsakalotos n’a pas fourni de programme et encore moins de mesures spécifiques ou détaillées. A la place, il a fait un exposé sur l’état de l’économie grecque et la vision de son gouvernement pour redresser la situation. Déçus, certains ministres se sont plaints, par le biais de leur compte Twitter, d’avoir fait le déplacement à Bruxelles pour rien.

Mais globalement, le ministre grec a été convaincant. «Il a fait une bonne présentation et a montré sa volonté de redresser la barre», a déclaré Alexander Hubb, ministre finlandais des Finances. A son arrivée à la réunion quelques heures plus tôt, ce dernier s’était montré sceptique, allant jusqu’à avertir que le «Grexit» était une éventualité proche et à prendre au sérieux.

A l’issue de la réunion de l’Eurogroupe, son président Jeroen Dijssebloem a annoncé, de façon sobre, que la Grèce s’était engagée à présenter «dans les heures qui suivent ou au plus tard mercredi matin» une demande formelle d’un troisième plan d’aide au Mécanisme européen de stabilité (MES). Il a aussi annoncé une téléconférence de l’Eurogroupe mercredi matin pour étudier la demande grecque. Pour sa part, le ministre grec a fait comprendre que des progrès étaient réalisés lors de la réunion et qu’un accord était possible dans les jours à venir.

La demande d’Athènes, si elle est acceptée, ouvrira la voie à des négociations sur les conditionnalités. Selon des spécialistes, il faudrait plusieurs jours pour parvenir à un accord. Dans ce contexte, le gouvernement grec pourrait demander un crédit pont pour subvenir à ses besoins financiers immédiats. Athènes rechercherait 7 milliards d’euros, notamment pour rembourser une dette de 3,9 milliards à la BCE au plus tard le 20 juillet. Sans oublier les arriérés de 1,54 milliard au FMI qu’elle n’a pas réglés lors de l’échéance du 30 juin dernier.

Mais les procédures ne sauraient être déclenchées sans le feu vert de chefs d’Etat et de gouvernement qui s’étaient réunis en début de soirée hier, toujours à Bruxelles. A l’heure où nous mettions sous presse, la réunion de crise se poursuivait encore. Mais selon des diplomates européens, il y aurait une volonté de donner «une dernière chance» à la Grèce. Dans ce cas, l’Eurogroupe donnerait dès demain un mandat à la Commission pour effectuer son propre état des lieux et préparer les bases d’un accord en collaboration avec la BCE et le FMI. En point de mire, un nouveau sommet de la zone euro dimanche prochain qui pourrait signer un accord sur un troisième programme d’aide pour la Grèce. Le premier a été signé en 2010 pour un montant de 110 milliards d’euros, suivi d’un deuxième de 130 milliards. Tous deux sont arrivés à échéance le 30 juin.

Selon des sources diplomatiques, la feuille de route aurait été établie lors d’une réunion avec Jean-Claude Juncker, président de la Commission, la chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre grec Alexis Tsipras.

Tant le sommet que la réunion de l’Eurogroupe constituaient le premier contact entre la Grèce et les autres pays de la zone euro après le référendum de dimanche. Après le désaveu des dirigeants européens qui avaient ouvertement appelé à voter contre le régime, le spectre d’un «Grexit», c’est-à-dire la sortie de la Grèce de la zone euro a plané dans l’air.

Après le référendum, le spectre d’un «Grexit», c’est-à-dire la sortie de la Grèce de la zone euro, a plané dans l’air