C’est une porte aux deux tiers ouverte que les Islandais vont trouver à Bruxelles. Après avoir obtenu, cet après-midi à Reykjavik, un vote du parlement favorable au dépôt d’une demande d’adhésion à l’Union européenne, le gouvernement social-démocrate au pouvoir va probablement devoir patienter.

Interrogé par Le Temps, le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt , dont le pays préside l’ UE jusqu’à la fin 2009, estime que le sommet européen d’octobre se contentera de « prendre acte » de la décision Islandaise. Puis la renverra pour avis à la Commission avant d’ouvrir officiellement des négociations.

« Je ne crois pas que cette ouverture interviendra sous notre présidence » poursuit-il. La Suède, il est vrai, a déjà à gérer une fin d’année européenne très compliquée, entre la nomination de la nouvelle Commission européenne, l’éventuelle entrée en vigueur du Traité de Lisbonne et les difficiles négociations sur le climat.

Il va de soi, pourtant, qu’une grande partie du travail est déjà faite. Membre de l’Association européenne de libre échange (AELE) aux cotés de la Suisse, de la Norvège et du Liechtenstein, mais surtout membre de l’Espace économique européen (EEE) aux côtés de ces deux derniers pays, l’Islande a, selon Carl Bildt « déjà intégré 80 % de l’acquis communautaire ». « Nous sommes sur des rails à grande vitesse » complète un fonctionnaire de la Commission, où l’on reconnaît toutefois les écueils majeurs à lever, notamment en ce qui concerne la pêche, une des principales ressources insulaires.

Clin d’oeil du calendrier : le nouveau président de la délégation avec les pays de l’AELE (dont la Suisse) au parlement européen, l’Irlandais Pat « The cope » Gallagher est un spécialiste des questions maritimes, et un ancien exportateur de poisson. « Il voulait ce comité pour traiter avec l’Islande. La Suisse l’intéresse moins » confirme au Temps Marian Harkin, une autre eurodéputé irlandaise.

La demande d’adhésion islandaise aura une conséquence directe pour la Confédération car elle va bouleverser les équilibres au sein de l’AELE. Dans un entretien paru dans nos colonnes le 13 juillet, le secrétaire général de l’organisation basée à Genève, le Norvégien Käre Bryn expliquait : « Même si les négociations d’adhésion pourraient durer trois ou quatre ans, avec un référendum à la clef, il va de soi que cela aura des conséquences, tant pour l’AELE que pour chacun de nos membres. Nous envisageons d’ailleurs, si l’adhésion islandaise se précise, un nouveau conseil ministériel vers octobre, après les législatives norvégiennes de septembre »