L’Ukraine va se battre contre l’exploitation du gazoduc controversé russo-allemand Nord-Stream 2 contournant son territoire, malgré l’achèvement du chantier, a déclaré à l’AFP le porte-parole de la présidence Sergiy Nykyforov.

«Le président (Volodymyr Zelensky) a toujours souligné que l’Ukraine allait se battre contre ce projet politique russe jusqu’à son achèvement et après celui-ci et même après le commencement des livraisons de gaz», a-t-il indiqué. Kiev a néanmoins reçu des «garanties» de Berlin et Washington sur la préservation du transit du gaz russe par son territoire «pendant au moins dix ans», a poursuivi le porte-parole.

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La Russie a annoncé plus tôt dans la journée l’achèvement de ce tube controversé passant sous la mer Baltique pour relier directement la Russie et l’Allemagne.

Une perte de 1,5 milliard de dollars

Ce projet va à terme priver l’Ukraine d’au moins 1,5 milliard de dollars par an qu’elle touche actuellement pour le transit du gaz russe par son territoire. Kiev craint également que l’arrêt du transit ne facilite une éventuelle invasion russe, car Moscou n’aura plus à se soucier de l’infrastructure gazière ukrainienne pour alimenter ses principaux clients européens en gaz.

«Une escalade puissante de la part de la Russie, c’est la pire chose qui peut arriver. Malheureusement, un tel risque existe», a déclaré vendredi le président Zelensky lors d’un forum international Yalta European Strategy à Kiev.

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Alliée de l’Occident, l’Ukraine, ex-république soviétique, est depuis 2014 le théâtre d’une guerre séparatiste pro-russe dans l’Est, déclenchée dans la foulée de l’annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée.

Largement considéré comme le parrain des séparatistes et accusé de leur envoyer des troupes et des armes, Moscou avait massé plus tôt cette année des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne.