L’essentiel

  • Au moins 32 civils ont été tués dans des bombardements russes sur la région de Kherson, dans le sud de l’Ukraine
  • Volodymyt Zelensky a déclaré avoir «la certitude» que la Russie préparait de nouvelles frappes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes.
  • L’Ukraine commémorait samedi la grande famine de 1932-1933 provoquée par le régime stalinien.

Une lauréate ukrainienne du prix Nobel de la paix demande des armes pour la défense de son pays

A l’approche de la remise du prix Nobel de la paix, la cheffe de l’une des organisations lauréates a appelé lundi la communauté internationale à livrer des armes à l’Ukraine pour l’aider à se défendre et mettre fin aux atrocités. «Quand quelqu’un me demande comment stopper ces crimes prolongés dans les territoires occupés, je ne peux que répondre: fournissez à l’Ukraine des armes pour libérer ces territoires», a déclaré l’avocate des droits de l’homme et présidente du Centre pour les libertés civiles, l’Ukrainienne Oleksandra Matviitchouk, dans un entretien accordé à l’AFP à Stockholm. «Nous devons empêcher d’autres dommages sur les infrastructures civiles. Et nous avons besoin de systèmes de défense antiaérienne. Nous avons besoin d’autres types d’équipement militaire qui pourrait nous aider à défendre notre ciel», a déclaré l’avocate.

Son organisation, co-lauréate cette année du prix Nobel de la paix avec le défenseur des droits de l’homme biélorusse Ales Beliatski et l’organisation russe Memorial, recevra sa distinction lors d’une cérémonie à Oslo le 10 décembre, date de l’anniversaire de la mort d’Alfred Nobel.

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L’Ukraine dit s’attendre à de nouvelles attaques russes cette semaine

Les responsables ukrainiens ont dit lundi s’attendre à une nouvelle vague de bombardements russes cette semaine, les précédentes salves ayant visé des infrastructures critiques et provoqué des coupures massives d’eau et d’électricité, notamment dans la capitale Kiev. «Il est fort probable que le début de la semaine soit marqué par une telle attaque», a déclaré lundi la porte-parole du commandement Sud de l’armée ukrainienne, Natalia Goumeniouk, soulignant qu’un navire russe porteur de missiles était apparu en mer Noire. «C’est un porte missiles de surface qui embarque huit missiles de type Kalibr. Cela indique que des préparatifs sont en cours», a-t-elle ajouté à la télévision ukrainienne.

Selon la marine ukrainienne, 11 navires de combat russes dont ce porte-missiles se trouvent actuellement en mer Noire, au large de l’Ukraine, ainsi que plusieurs autres en mer d'Azov et en mer Méditerranée, pour un total de 76 ogives pouvant être tirées.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a averti dans un discours vidéo dimanche soir que «la semaine qui commence peut être aussi difficile que la semaine passée», marquée par des bombardements russes qui ont provoqué des pannes de courant massives alors que les températures hivernales s’installent. «Nos forces de défense se préparent. Tout l’Etat se prépare. Nous élaborons tous les scénarios, y compris avec des partenaires» occidentaux, a-t-il ajouté, appelant les Ukrainiens à prêter attention aux alertes aériennes.

A Madrid, le musée Thyssen expose des tableaux ukrainiens mis à l'abri des bombes

Fuyant les bombardements russes, quelque 70 oeuvres d'art ont été sorties d'Ukraine pour être exposées au musée Thyssen-Bornemisza à Madrid où elles sont à l'abri d'une guerre destructrice pour le patrimoine culturel ukrainien. Ces tableaux, dont la plupart n'avaient jamais quitté le pays, sont rassemblés dans l'exposition «Dans l'oeil du cyclone. Avant-garde en Ukraine, 1900-1930», qui se tient depuis mardi et jusqu'en avril au Thyssen et ira ensuite au musée Ludwig de Cologne, en Allemagne, de juin à septembre 2023.

L'exposition donne une «vision de ce que la Russie essaye de détruire avec la guerre» et montrera «combien l'Ukraine est liée à l'Europe», a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans une vidéo diffusée lundi lors de la présentation de l'exposition à la presse à Madrid. Ces tableaux – qui vont de l'art figuratif au réalisme socialiste en passant par le cubisme et le constructivisme et ont été peints par des artistes comme Oleksandr Bohomazov, Vasyl Yermolov ou Anatol Petrytsky – ont été évacués de Kiev le 15 novembre, une opération délicate préparée durant des semaines.

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La ville a été la cible de bombardements russes le jour du chargement des peintures, provenant pour l'essentiel du musée national d'art d'Ukraine, dans des camions. Par chance, «les camions étaient partis depuis deux heures» et se trouvaient à «200 km de Kiev» quand les premières bombes sont tombées sur la capitale ukrainienne ce jour-là, a raconté Francesca Thyssen-Bornemisza, fille de Hans Heinrich Thyssen-Bornemisza, collectionneur dont les oeuvres sont rassemblées dans le musée Thyssen.

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Le convoi a soigneusement évité de passer à proximité des infrastructures susceptibles d'être attaquées tout le long de son chemin vers la frontière avec la Pologne, a-t-elle poursuivi. «Le patrimoine culturel est souvent une victime collatérale des guerres, mais il se retrouve parfois attaqué précisément parce qu'il est l'essence de l'identité des pays"», avait mis en garde fin octobre à Genève Krista Pikkat, la directrice culturelle de l'Unesco, qui a recensé des dégâts dans plus de 200 sites culturels en Ukraine, parmi lesquels des musées.

Moscou convoque l'ambassadeur norvégien après l'arrestation de Russes

L'ambassadeur norvégien à Moscou a été convoqué ce lundi au ministère russe des Affaires étrangères en signe de protestation après l'arrestation de plusieurs Russes en Norvège, accusés d'avoir fait voler des drones. Robert Kvile s'est vu signifier le caractère «inacceptable» de ces arrestations, que Moscou a dénoncé comme «politiquement motivées» et n'ayant «rien à voir avec les principes d'une justice équitable et impartiale», a précisé le ministère russe dans un communiqué.

Moscou a appelé les autorités norvégiennes à «mettre fin à ces actions russophobes et à la persécution des citoyens russes sur la base de leur nationalité.» Près d'une dizaine de Russes ont été arrêtés en Norvège ces dernières semaines pour avoir fait voler des drones ou photographié des sites sensibles. L'un d'entre eux, un citoyen russe qui avait quitté la Russie pour échapper à la mobilisation dans l'armée, a été condamné mercredi à 90 jours de prison ferme pour avoir fait voler un drone «à plusieurs reprises» dans le sud du pays.

Même s'il n'a photographié et filmé que des paysages, la justice norvégienne a estimé qu'il avait enfreint l'interdiction de survol du territoire que la Norvège, comme plusieurs autres pays occidentaux. Particulièrement soucieuse de la sécurité de ses installations énergétiques, la Norvège, désormais principal fournisseur de gaz naturel de l'Europe, a inclus l'usage des drones dans cette interdiction de survol.

«Notre ambassadeur a saisi cette occasion pour informer [la Russie] de la législation norvégienne en matière de sanctions», a indiqué un porte-parole de la diplomatie norvégienne, Lars Gjemble, en commentant la convocation du diplomate. «Il a aussi passé en revue les affaires en cours de traitement dans les tribunaux norvégiens. La rencontre s'est tenue dans un bon climat», a-t-il ajouté.

Pour la première dame d'Ukraine, les violences sexuelles font partie de «l'arsenal» russe

La première dame d'Ukraine, Olena Zelenska, a affirmé lundi lors d'une conférence à Londres que «violences et crimes sexuels» faisaient partie de «l'arsenal» russe pour «humilier les Ukrainiens», appelant à une «réponse globale» des dirigeants dans le monde. Depuis l'invasion russe le 24 février, «les opportunités des occupants se sont élargies pour humilier les Ukrainiens et malheureusement, les violences sexuelles et les crimes sexuels font partie de leur arsenal», a affirmé Mme Zelenska. La Russie a recours à la violence sexuelle «systématiquement et ouvertement», a-t-elle souligné. C'est pour cette raison qu'il est extrêmement important que ce soit reconnu comme un crime de guerre pour poursuivre tous les agresseurs», a-t-elle dit, pressant pour une «réponse globale» lors d'une conférence organisée à Londres contre les violences sexuelles pendant les conflits.

«Vraiment, j'espère qu'il y aura une réponse du monde entier pour tout ce qui se passe en Ukraine en ce moment.»

L'«Initiative pour lutter contre les violences sexuelles dans les conflits» est organisée lundi et mardi à Londres par le gouvernement britannique avec des représentants du monde entier. Vendredi, le ministre britannique des Affaires étrangères, James Cleverly, en visite à Kiev, a annoncé de nouvelles aides et «un soutien crucial aux survivantes des violences sexuelles perpétrées par l'armée russe.» Pour Olena Zelenska, les violences sexuelles sont «la façon la plus cruelle, la plus animale de prouver une domination.» «Tout le monde sait qu'il y a un grand nombre de viols» commis par l'armée russe en Ukraine mais selon la première dame ukrainienne, les victimes parlent encore moins que d'habitude en raison de la guerre, de peur que leurs agresseurs reviennent et recommencent.

Relire son interview: A Kiev, Olena Zelenska, épouse du président ukrainien, raconte son quotidien et ses projets

«En ce moment, le bureau du procureur enquête sur plus de 100» cas de crimes sexuels présumés, a-t-elle affirmé, rappelant que le premier cas qui a donné lieu à des poursuites était celui d'une femme violée par des soldats qui venaient de tuer son mari. Le gouvernement a lancé une cellule de soutien psychologique pour aider les victimes de la guerre, a-t-elle également précisé.

Roger Köppel échappe aux mesures disciplinaires

Roger Köppel, soupçonné d'avoir fait fuiter des documents dans le contexte de la guerre en Ukraine, échappe aux mesures disciplinaires. Le bureau du Conseil national en a décidé ainsi par 8 voix contre 4 et 1 abstention.

Egalement patron de la Weltwoche, le conseiller national est soupçonné d'avoir rendu public sur sa chaîne vidéo «Weltwoche Daily» des documents confidentiels issus de la commission de politique extérieure du National, qui avait porté plainte.

Sur ce sujet: Le bureau du Conseil national ouvre une enquête disciplinaire contre Roger Köppel

Lors de son audition, Roger Köppel a expliqué avoir obtenu d’autres sources les informations qui figuraient dans le document de la commission, reçu après coup. En tant que journaliste, il a le droit d’invoquer la protection des sources. Le bureau est donc dans l’impossibilité de prouver, sans le moindre doute, qu’il a matériellement et sciemment violé le secret de fonction.

Armes chimiques: la guerre en Ukraine accroit la menace, selon le chef de l’OIAC

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) continue de suivre de près la situation en Ukraine, a déclaré son chef Fernando Arias lors de la réunion annuelle du régulateur. «La situation en Ukraine a de nouveau accru la menace réelle posée par les armes de destruction massive, y compris les armes chimiques», a-t-il déclaré lors de la réunion au siège de l’organisation à La Haye, aux Pays-Bas. «Cela a exacerbé les tensions existantes à un point où l’unité de la communauté internationale sur les défis mondiaux communs liés à la sécurité et à la paix internationales ne peut être présumée», a-t-il ajouté. Les organismes internationaux de désarmement comme l’OIAC, prix Nobel de la paix en 2013, «sont désormais devenus des lieux de confrontation et de désaccord», a déploré Fernando Arias.

Des menaces et des allégations concernant l’utilisation possible d’armes nucléaires, chimiques et biologiques ont été échangées depuis le début de la guerre en Ukraine en février, mais sans aucune preuve qu’elles aient été déployées. Fernando Arias a rappelé à la Russie et à l’Ukraine qu’elles faisaient partie des 193 pays qui se sont «solennellement et volontairement engagés à ne jamais, en aucune circonstance, développer, produire, acquérir, stocker, transférer ou utiliser des armes chimiques». Il a déclaré que l’OIAC «continue de suivre de près cette situation grave et reste en contact avec les représentations permanentes de la Fédération de Russie et de l’Ukraine». L’OIAC a fourni à l’Ukraine, à sa demande, une formation pour les premiers intervenants pour les attaques chimiques et pour la détection des fuites chimiques, a déclaré Fernando Arias.

L'Union européenne va sanctionner le contournement des sanctions contre la Russie

L’Union européenne s’est donné lundi la capacité de sanctionner le contournement des mesures restrictives adoptées contre la Russie afin de garantir leur mise en œuvre, a annoncé la présidence tchèque du Conseil de l’UE. Les gouvernements européens ont adopté «à l’unanimité» la décision de considérer comme «un crime» la violation des sanctions européennes, a précisé le communiqué de la présidence. Concrètement, cette décision va permettre de sanctionner des pays tiers et leurs ressortissants ou leurs entités coupables de contourner les sanctions adoptées par l’UE contre la Russie.

«L’UE a répondu avec détermination à la guerre non provoquée et injustifiée de la Russie contre l’Ukraine. Elle a adopté un nombre sans précédent de sanctions pour cibler l’économie de la Russie et contrecarrer sa capacité à poursuivre cette agression», a expliqué le ministre tchèque de la Justice Pavel Blazek. «Pour réussir, leur mise en œuvre nécessite un effort conjoint, et la décision d’aujourd’hui est un outil essentiel pour garantir que toute tentative de contournement de ces mesures sera stoppée», a-t-il ajouté. Les Européens ont adopté 8 trains de sanctions, notamment un arrêt de leurs achats de pétrole et de charbon, afin de priver Moscou de ses sources de financements pour la guerre en Ukraine.

La Turquie est régulièrement accusée de contourner les sanctions européennes et de mettre en place une route détournée pour acheminer du pétrole russe dans les pays de l’UE malgré l’embargo européen. «L’inclusion de la violation des mesures restrictives dans la liste des» crimes «est la première de deux étapes visant à garantir un degré similaire d’application des sanctions dans toute l’UE et à dissuader les tentatives de contournement ou de violation des mesures de l’UE», a souligné le communiqué de la présidence. La seconde étape est l’adoption d’une législation pour définir les infractions pénales et les sanctions à appliquer en cas de violation des sanctions européennes, car les Etats membres ont actuellement des définitions différentes de ce qui constitue une violation des mesures restrictives. La Commission devrait soumettre une proposition en fin de semaine, avec l’objectif «d’aller vite» pour contrer le contournement des sanctions, a confié une source européenne.

«Préparatifs en cours» pour de nouvelles frappes russes, selon l’armée ukrainienne

Les responsables ukrainiens ont dit lundi s’attendre à une nouvelle vague de bombardements russes cette semaine, les précédentes salves ayant visé des infrastructures critiques et provoqué des coupures massives d’eau et d’électricité, notamment dans la capitale Kiev. «Il est fort probable que le début de la semaine soit marqué par une telle attaque», a déclaré lundi la porte-parole du commandement Sud de l’armée ukrainienne, Natalia Goumeniouk, soulignant qu’un navire russe porteur de missiles était apparu en mer Noire. «C’est un porte-missiles de surface qui embarque huit missiles de type Kalibr. Cela indique que des préparatifs sont en cours», a-t-elle ajouté à la télévision ukrainienne.

Rishi Sunak: «Nous resterons aux côtés de l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra»

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak doit tenir ce lundi son premier discours majeur de politique étrangère. Selon des extraits diffusés en amont par Downing Street, il a prévu d’inscrire sa politique ukrainienne dans la continuité de celle qu’ont menée ses prédecesseurs Boris Johnson et Liz Truss. «Nous resterons aux côtés de l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra. Nous allons maintenir ou augmenter notre aide militaire l’année prochaine. Et nous apporterons un nouveau soutien à la défense aérienne», indique son discours.

De manière générale, le Royaume-Uni doit défendre plus fortement ses valeurs de liberté et d’ouverture, en particulier face à la Chine et la Russie, ajoute le texte.

Volodymyr Zelensky: «nous avons la certitude» qu’il y aura de nouvelles frappes russes

Dans son allocution quotidienne, le président ukrainien a dit s’attendre à des bombardements russes. «Les terroristes préparent de nouvelles frappes. Nous le savons avec certitude», a déclaré Volodymyr Zelensky, ajoutant que «tant qu’ils auront des missiles, ils ne se calmeront malheureusement pas». Il a affirmé qu’au niveau de l’infrastructure énergétique du pays, «a situation est sous contrôle», avec des coupures de courant planifiées pour ménager le réseau. Volodymyr Zelensky a toutefois prévenu que cette semaine pourrait s’avérer «aussi difficile que la précédente»: «nos forces de défense se préparent. Le pays tout entier se prépare.»

L’armée russe pourrait préparer un retrait de la centrale de Zaporijjia, selon Energoatom

Le directeur d’Energoatom, l’opérateur national ukrainien, a indiqué à la télévision nationale qu’il y a des signes que les forces russes pourraient se préparer à quitter la centrale nucléaire de Zaporijjia, rapporte l’agence Reuters. «On a l’impression qu’ils font leurs valises et volent tout ce qu’ils peuvent», a déclaré Petro Kotine, se faisant également l’écho de voix qui s’élèvent dans les «médias russes, selon lesquelles il vaudrait la peine de quitter la centrale et peut-être d’en remettre le contrôle à l’Agence internationale de l’énergie atomique». Il a toutefois tempéré ses affirmations, en ajoutant ne pas savoir quand les soldats russes quitteraient les lieux, «mais ils se préparent».

Depuis des mois, la Russie et l’Ukraine, s’accusent mutuellement de bombarder la centrale, faisant courir le risque d’un accident nucléaire.