L’essentiel

  • La Russie et l'Ukraine se sont accusés mutuellement dimanche d'avoir bombardé la centrale nucléaire de Zaporijjia, située dans le sud ukrainien et occupée militairement par l'armée russe.
  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a écarté vendredi l’idée d’une «courte trêve» avec la Russie, arguant qu’elle ne ferait qu’empirer les choses.
  • Le Royaume-Uni a annoncé une nouvelle aide de 50 millions de livres en faveur de Kiev.

Zaporijjia: le chef de l'AIEA dénonce des frappes «délibérées»

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi a estimé dimanche que les frappes sur la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia étaient «absolument délibérées, ciblées», et a jugé la situation «gravissime» dans un entretien à la chaîne française BFMTV.

«Une bonne douzaine de frappes» ont visé la centrale, selon Rafael Grossi, qui, sans en attribuer la responsabilité aux forces russes ou ukrainiennes, s'est indigné que certains «considèrent qu'une centrale nucléaire est une cible militaire légitime». Il a exhorté les auteurs à «arrêter cette folie».

L'Ukraine nie l'exécution de prisonniers russes par ses forces

Le chargé des droits de l'Homme au Parlement ukrainien a nié dimanche que les forces de Kiev aient tué des prisonniers de guerre russes, arguant que les soldats ukrainiens se défendaient contre des Russes qui feignaient de se rendre.

Le médiateur Dmytro Loubynets a déclaré que des «extraits de la vidéo» - présentée par Moscou comme la preuve que Kiev a exécuté des soldats russes qui s'étaient rendus - montraient en fait que les Russes «utilisant une reddition feinte... ont commis un crime de guerre en ouvrant le feu sur les forces armées ukrainiennes» et que les soldats russes tués «ne peuvent donc pas être considérés comme des prisonniers de guerre».

Emmanuel Macron s'entretient avec le patron de l'AIEA de la centrale de Zaporijjia

Après les explosions signalées dans le secteur de la centrale nucléaire de Zaporijjia, Emmanuel Macron s'est entretenu dimanche avec le directeur-général de l'AIEA, Rafael Grossi, sur la situation .

Après cet entretien, le président français «parlera probablement cet après-midi» au président ukrainien Volodymyr Zelensky, a précisé la présidence.

La Russie et l'Ukraine s'accusent mutuellement de bombardements sur la centrale de Zaporijjia

La Russie et l'Ukraine se sont accusés mutuellement dimanche d'avoir bombardé la centrale nucléaire de Zaporijjia, située dans le sud ukrainien et occupée militairement par l'armée russe. «Le régime de Kiev ne cesse pas les provocations afin de créer la menace d'une catastrophe à la centrale nucléaire de Zaporijjia», la plus grande d'Europe, a affirmé ainsi le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

Samedi et dimanche, les forces ukrainiennes ont tiré plus d'une vingtaine d'«obus de grand calibre» sur la centrale, selon le communiqué.

Pour sa part, l'agence nucléaire ukrainienne a accusé la Russie d'avoir bombardé le site de la centrale. «Ce matin du 20 novembre 2022, à la suite de nombreux bombardements russes, au moins 12 frappes ont été enregistrées sur le site de la centrale nucléaire de Zaporijjia», a déclaré Energoatom, accusant les Russes d'«organiser une fois de plus un chantage nucléaire et mettre le monde entier en danger».

Moscou accuse Kiev d’avoir bombardé à nouveau la centrale nucléaire de Zaporijjia

La Russie a accusé dimanche les forces ukrainiennes d’avoir procédé à de nouveaux bombardements contre la centrale nucléaire de Zaporijjia, dans le sud de l’Ukraine, tout en assurant que le niveau de radiation y restait «conforme à la norme». «Le régime de Kiev ne cesse pas les provocations afin de créer la menace d’une catastrophe à la centrale nucléaire de Zaporijjia», la plus grande d’Europe et occupée militairement par la Russie, a affirmé l’armée russe dans un communiqué. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a quant à elle signalé que de «puissantes explosions» avaient eu lieu dans le secteur de la centrale entre hier et aujourd’hui.

Les Vert·e·s veulent fournir des turbines à gaz à l'Ukraine

Les Vert·e·s demandent dans une lettre ouverte au Conseil fédéral de fournir à l'Ukraine quatre des huit turbines à gaz qui doivent être installées à la centrale électrique de secours à Birr (AG). La Suisse pourrait ainsi aider rapidement ce pays et sans bureaucratie. Une récente étude montre que ces turbines ne sont pas nécessaires pour assurer l'approvisionnement en Suisse durant l'hiver 2022/2023, indiquent dimanche les Vert·e·s dans un communiqué.

Dans la lettre adressée vendredi dernier au gouvernement, le parti rappelle que l'approvisionnement électrique en Ukraine est actuellement plus que précaire après les bombardements ciblés des forces russes. Ces frappes menacent la santé de la population. En fournissant ces turbines, la Suisse pourrait aider utilement l'Ukraine. La Confédération a jusqu'à présent fourni peu de soutien à ce pays en guerre, comparé à d'autres Etats. Elle s'est limitée principalement à des biens dans le domaine humanitaire.

Rien ne s'oppose pour les Vert·e·s à la livraison de ces turbines à gaz mobiles à l'Ukraine. Ces machines se trouvent en ce moment sur des bateaux de transport à Birsfelden et pourraient être transférées vers le port d'Odessa en l'espace de trois semaines. Un transport en camion vers Kiev serait ensuite possible et les raccordements pourraient être réalisés ce mois.

Pour la présidence ukrainienne, négocier aujourd'hui avec Moscou signifie «capituler»

Les tentatives de l’Occident de pousser l’Ukraine à négocier avec Moscou après une série d’importantes victoires militaires de Kiev sont «bizarres» et relèvent d’une demande capitulation, a déclaré à l’AFP un conseiller clé de la présidence ukrainienne. «Quand tu as l’initiative sur le champ de la bataille, c’est un peu bizarre de recevoir des propositions du genre: vous ne pourrez pas de toute façon tout faire par la voie militaire, menez les négociations», a déclaré Mykhaïlo Podoliak dans un entretien accordé à l’AFP, dans son bureau à la présidence. «Cela veut dire que le pays qui attaque, qui récupère ses territoires, doit capituler devant le pays qui est en train de perdre», a-t-il ajouté.

Des médias américains ont récemment rapporté que certains hauts responsables commençaient à encourager l’Ukraine à envisager des pourparlers, ce que le président Volodymyr Zelensky a refusé jusqu’ici sans retrait préalable des forces russes de tout le territoire ukrainien. «La victoire militaire n’est probablement pas, au sens propre du terme, réalisable par des moyens militaires», a ainsi estimé le 9 novembre le plus haut responsable militaire américain, le général Mark Milley, estimant qu’il existe «une fenêtre d’opportunité pour la négociation».

Selon Mykhaïlo Podoliak, Moscou n’a fait «aucune proposition directe» à Kiev sur ces pourparlers préférant les transmettre via des intermédiaires et évoquant même la possibilité d’un cessez-le-feu. Une idée qui n’a aucun sens pour Kiev qui n’y voit qu’une manœuvre du Kremlin pour obtenir un répit et préparer une nouvelle offensive. «La Russie ne veut pas de négociations. La Russie mène une campagne de communication appelée «négociations»», assure le conseiller. «Elle va simplement temporiser. Entretemps, elle va former ses mobilisés, trouver des armes supplémentaires» et fortifier ses positions, prévient-il. Car malgré ses lourdes défaites militaires, le président Vladimir Poutine pense toujours «qu’il peut détruire l’Ukraine, c’est son obsession» et négocier avec lui «n’a aucun sens», soutient Mykhaïlo Podoliak. L’Occident «ne faisait pas pression sur l’Ukraine», assure-t-il avant de regretter: «nos partenaires pensent toujours qu’il est possible de retourner à l’époque d’avant-guerre quand la Russie était un partenaire fiable».

«Peur de l’Ukraine»

Précédée par les retraits massifs des Russes de la région du Kiev en mars, puis de la région de Kharkiv (nord-est) en septembre, la libération en novembre de Kherson, seul centre régional pris par les Russes depuis le début de leur offensive le 24 février, a marqué un tournant «fondamental» dans ce conflit, estime Mykhaïlo Podoliak. Portée par un élan victorieux, l’Ukraine ne peut se «permettre aucune pause» dans sa contre-offensive, malgré l’arrivée du froid et de la neige qui aggravent la situation sur le terrain. «Aujourd’hui chaque petite pause ne fait qu’alourdir les pertes subies par l’Ukraine», a martelé le responsable alors que Moscou pilonne depuis des semaines des infrastructures énergétiques du pays plongeant dans le noir des millions de foyers.

Les régions de Zaporijjia (sud) et Lougansk (est) sont désormais les «directions clé» pour l’armée, a estimé M. Podoliak, qui a toutefois refusé de spéculer sur la possibilité d’une opération militaire en vue de reprendre la péninsule de Crimée, annexée par Moscou en 2014. Dans ce contexte, les autorités ukrainiennes espèrent une augmentation des livraisons d’armes occidentales. «Ce serait très important de le faire justement en hiver», a observé le responsable. Et d’énumérer: «il nous faut encore 150 à 200 chars, environ 300 blindés», une centaine de systèmes d’artillerie, 50 à 70 systèmes de lance-roquette multiples, notamment de redoutables HIMARS américains de l’Ukraine possède déjà plusieurs unités, ainsi que «dix à 15 systèmes de défense anti-aérienne pour fermer le ciel».

Il a également cité les missiles américains ATACMS, d’une portée de 300 kilomètres alors que celle des armes dont l’Ukraine dispose actuellement dépasse à peine 80 kilomètres. Pour Mykhaïlo Podoliak, ces missiles vont «rapprocher la fin de la guerre» en permettant à l’Ukraine de «détruire de gros dépôts» militaires russes se trouvant profondément dans les zones occupées et qui sont pour le moment inaccessibles. Kiev «n’a pas besoin» d’attaquer des cibles militaires à l’intérieur de la Russie, a assuré le conseiller. «La guerre finira quand nous reprendrons le contrôle de nos frontières et quand la Russie va avoir peur de l’Ukraine».

Rishi Sunak promet une nouvelle aide de 50 millions de livres

Le premien ministre britannique a annoncé une nouvelle aide militaire d'un montant de 50 millions de livres (56 millions de francs) et une aide humanitaire de 16 millions de livres (18 millions de francs).

L'aide militaire comporte «125 canons anti-aériens et de la technologie pour contrer les drones meurtriers fournis par l'Iran (à Moscou, ndlr), y compris des dizaines de radars et de l'équipement électronique anti-drones», selon un communiqué de Downing Street

Pas de démarche officielle de Moscou pour négocier la paix, indique Kiev

«Nous n'avons pas de demande officielle de la part de la partie russe concernant... des négociations», a déclaré Andriï Yermak, le chef de cabinet du président ukrainien, qui intervenait à distance au Forum international sur la sécurité de Halifax au Canada.

Toute négociation qui ne serait pas fondée sur la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine dans les limites de ses frontières internationalement reconnues ne serait «pas acceptable», a-t-il ajouté.

«Nous serons à vos côtés» jusqu'à ce que «l'Ukraine gagne», affirme Rishi Sunak à Kiev

La Grande Bretagne continuera à soutenir Kiev dans sa guerre avec la Russie «jusqu'à ce que l'Ukraine ait gagné la paix», a déclaré le premier ministre britannique Rishi Sunak, arrivé samedi avec une visite surprise dans ce pays.

«Je suis ici aujourd'hui pour dire que le Royaume-Uni continuera à vous soutenir. Nous resterons à vos côtés jusqu'à ce que l'Ukraine ait gagné la paix et la sécurité dont elle a besoin et qu'elle mérite», a-t-il déclaré devant le président Volodymyr Zelensky selon une vidéo publiée par la présidence ukrainienne.

L'Ukraine vérifie l'authenticité de vidéos sur des exécutions présumées de soldats russes

L'armée ukrainienne a indiqué samedi qu'elle vérifiait l'authenticité de vidéos, qui selon Moscou prouvent que Kiev a exécuté plusieurs soldats russes qui s'étaient rendus. «Avant de lancer une enquête, il faut qu'il y ait une base pour cela. Nous sommes en train d'établir si ces vidéos sont des fake», a déclaré le porte-parole de l'état-major, Bogdan Senyk.

Il a ajouté que ces vidéos avaient été «confiées à des spécialistes», notant que la publication de fausses vidéos s'était «intensifiée récemment». La Russie a accusé vendredi l'Ukraine d'avoir exécuté «brutalement» plus de dix de ses militaires qui avaient déposé les armes, dénonçant un «crime de guerre».

Sergueï Lavrov persona non grata en Pologne: Moscou dénonce une «provocation»

La Russie a dénoncé samedi une décision «provocatrice» de Varsovie, après le refus de la Pologne d’autoriser l’entrée sur son territoire au ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour une réunion des chefs de la diplomatie de l’OSCE. «La décision de la Pologne (…) est provocatrice et sans précédent», a déclaré la diplomatie russe dans un communiqué. «Non seulement Varsovie s’est discréditée de cette manière, mais elle a porté un préjudice irréparable à l’autorité de toute l’Organisation» pour la sécurité et la coopération en Europe, estime le communiqué.

La Pologne, qui organise début décembre la réunion ministérielle de l’OSCE, a annoncé vendredi avoir refusé l’entrée sur son territoire à Sergueï Lavrov. «Nous attendons de la Fédération de Russie qu’elle choisisse les membres de sa délégation conformément à la réglementation en vigueur», a expliqué à l’AFP une source au sein de cette présidence annuelle tournante, assurée actuellement par Varsovie. Selon elle, la délégation russe ne doit pas «inclure les personnes sanctionnées par l’Union européenne (UE)» à la suite de l’offensive russe en Ukraine déclenchée le 24 février, y compris Sergueï Lavrov.

«Nous sommes convaincus que tous les hommes politiques raisonnables partagent le point de vue de la partie russe que de telles actions sont inacceptables», a réagi la diplomatie russe. «Ces décisions destructrices des Polonais (…) poussent l’OSCE vers l’abîme», a-t-elle affirmé, en accusant l’Organisation de se transformer en un «terrain» pour des «exercices antirusses». La réunion des 57 ministres des Affaires étrangères de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe aura lieu les 1er et le 2 décembre à Lodz, ville du centre de la Pologne. La délégation russe y sera menée par l’ambassadeur russe auprès de l’OSCE Alexandre Loukachevitch, selon Moscou.

L’adhésion à l’OTAN, «étape naturelle» pour la Finlande

La demande d’adhésion de la Finlande à l’Otan était «une étape naturelle» à franchir après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, a affirmé samedi le chef de la diplomatie finlandaise Pekka Haavisto lors d’une conférence sur la sécurité à Manama. La Finlande et la Suède ont présenté en mai une candidature commune à l’Alliance atlantique, abandonnant des décennies de non-alignement militaire. Cette demande, qui doit recueillir l’unanimité des Etats membres, a été ratifiée par tous les membres à l’exception la Turquie et de la Hongrie.

Le ministre finlandais a rappelé qu’Helsinki avait déjà annoncé en 2004 que «l’option Otan» serait envisagée en cas de «changement dramatique» sur le plan de la sécurité. «Et qu’est-ce qui pourrait être plus dramatique comme changement que l’attaque par votre voisin d’un pays de 50 millions d’habitants?», a-t-il ajouté. Le président turc Recep Tayyip Erdogan bloque depuis mai l’entrée des deux pays scandinaves dans l’Otan, les accusant de protéger notamment des combattants kurdes du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) et des Unités de protection du peuple (YPG), considérés comme «terroristes» par Ankara. La Hongrie a elle argué d’un embouteillage législatif, promettant de ratifier prochainement leur demande.

«La plupart» des membres de l’APEC condamnent la guerre en Ukraine

Les dirigeants de la région Asie-Pacifique ont affirmé qu’ils condamnaient «pour la plupart» la guerre en Ukraine, dans la déclaration finale du sommet de l’APEC à Bangkok publiée samedi, ajoutant leur voix à la pression internationale sur la Russie. «La plupart des membres ont fermement condamné la guerre en Ukraine et ont souligné qu’elle causait d’immenses souffrances humaines et exacerbait les fragilités existantes dans l’économie mondiale», indique le communiqué. Cette déclaration finale a été approuvée par tous les membres, y compris la Russie et la Chine, qui s’est abstenue de critiquer publiquement Moscou pour l’invasion.

«Il y avait d’autres points de vue et des évaluations différentes de la situation et des sanctions», précise le communiqué, qui reprend mot pour mot la même formulation que celle du G20 publiée plus tôt dans la semaine à l’issue d’un sommet en Indonésie. La déclaration de l’Apec déplore l’impact du conflit ukrainien sur la croissance économique, l’inflation, les chaînes d’approvisionnement et la sécurité énergétique et alimentaire.

Volodymyr Zelensky ne veut pas d’une «courte trêve» avec la Russie

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a écarté vendredi l’idée d’une «courte trêve» avec la Russie, arguant qu’elle ne ferait qu’empirer les choses. «La Russie recherche désormais une courte trêve, un répit pour reprendre des forces. On pourrait y voir la fin de la guerre, mais un tel répit ne fera qu’empirer la situation», a affirmé le dirigeant ukrainien lors de remarques diffusées au forum international sur la sécurité d’Halifax, au Canada. «Une paix vraiment réelle, durable et honnête ne peut venir que de la destruction complète de l’agression russe», a-t-il ajouté.

Sergueï Lavrov, persona non grata en Pologne pour la réunion annuelle de l’OSCE

La Pologne, qui organise début décembre la réunion ministérielle de l’OSCE, a refusé l’entrée sur son territoire au ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, a indiqué la présidence de l’organisation. «Nous attendons de la Fédération de Russie qu’elle choisisse les membres de sa délégation conformément à la réglementation en vigueur», a expliqué une source au sein de cette présidence annuelle tournante – assurée actuellement par Varsovie. Selon elle, la délégation russe ne doit pas «inclure les personnes sanctionnées par l’Union européenne à la suite de l’agression illégale de la Russie contre l’Ukraine le 24 février, y compris le ministre Lavrov.»

Le porte-parole du ministère polonais des Affaires étrangères Lukasz Jasina a aussi déclaré ne pas prévoir «de visite du ministre Lavrov à Lodz», ville du centre de la Pologne où doit se tenir la réunion des 57 ministres des Affaires étrangères de l’OSCE les 1er et le 2 décembre à Lodz. La présidence polonaise de l’organisation affirme avoir reçu une lettre de protestation de la délégation russe à la suite à cette décision. Depuis sa création en 1975 au cœur de la guerre froide pour favoriser le dialogue Est-Ouest, l’OSCE siège à Vienne, en Autriche.

La rencontre ministérielle annuelle de l’OSCE, à laquelle Sergueï Lavrov participe d’ordinaire, est l’organe central de cette organisation internationale, responsable de ses décisions. Elle est l’occasion pour les ministres des Affaires étrangères d’examiner le travail de l’OSCE dans tous ses domaines d’activité. Après l’invasion russe de l’Ukraine, la Pologne et les trois Etats baltes ont annoncé en septembre s’être mis d’accord pour restreindre temporairement l’entrée sur leur sol des citoyens russes, même porteurs de visas européens.

Pour la Maison-Blanche, seul Volodymyr Zelensky peut décider de l’ouverture de négociations avec la Russie

La Maison-Blanche a réitéré que seul le président ukrainien Volodymyr Zelensky était en mesure d’approuver l’ouverture de négociations entre l’Ukraine et la Russie, rejetant toute notion de pressions américaines sur Kiev.

«Nous sommes tous d’accord qu’une solution diplomatique négociée est la meilleure des issues possibles, excepté une décision par [le président russe Vladimir] Poutine de retirer ses troupes» d’Ukraine, a déclaré le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, John Kirby.

«Nous avons également dit qu’il revenait au président Zelensky de dire si, et quand, il serait prêt à des négociations et la forme que prendraient ces négociations; et personne aux Etats-Unis n’est en train de le sonder, d’insister ou de le pousser à la table» des négociations, a-t-il ajouté. Le responsable était interrogé sur des propos du chef d’état-major américain, le général Mark Milley, qui a déclaré à deux reprises récemment qu’il y avait possiblement une fenêtre d’opportunité pour entamer des discussions en vue d’une solution politique au conflit.

«Les Russes sont vraiment dans une mauvaise passe, donc vous voulez négocier à un moment où vous êtes en position de force et votre adversaire en position de faiblesse», a-t-il affirmé jeudi. Des médias américains ont récemment rapporté que certains hauts responsables commençaient à encourager l’Ukraine à envisager des pourparlers, ce que le président Zelensky a refusé jusqu’ici.

Les Etats-Unis sont le principal pourvoyeur d’aide militaire à Kiev depuis le début de la guerre en Ukraine. Au G20 mardi, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait jugé «irréalistes» les conditions ukrainiennes pour entamer des pourparlers pour mettre fin à la guerre. L’Ukraine réclame le retrait des troupes russes de son territoire et le retour de son intégrité territoriale, alors que Moscou a revendiqué l’annexion de quatre régions ukrainiennes fin septembre, en plus de la péninsule de Crimée annexée en 2014.

Drones iraniens en Ukraine: l’UE envisage plus de sanctions contre Téhéran

L’Union européenne et ses partenaires pourraient prendre de nouvelles sanctions contre l’Iran, accusé de fournir des drones utilisés par la Russie contre l’Ukraine, déclare la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dénonçant «un risque pour la sécurité.» Kiev et ses soutiens occidentaux ont accusé la Russie d’utiliser des drones de fabrication iranienne pour mener des attaques en Ukraine ces dernières semaines. «Nous nous coordonnons avec nos partenaires et alliés pour prendre de nouvelles sanctions contre l’Iran en réponse à la prolifération des drones iraniens», a annoncé Ursula von der Leyen, lors d’une conférence annuelle sur la sécurité organisée à Bahreïn, petit royaume du Golfe situé près des côtes iraniennes.

Lire aussi: Guerre des drones: l’Ukraine cherche la parade

La Grande-Bretagne, le Canada et l’Union européenne ont déjà imposé des sanctions à des responsables iraniens et entreprises d’armement, en raison de la fourniture de drones à la Russie, mais aussi de la répression de manifestations dans la République islamique. La cheffe de la Commission européenne a estimé que l’Iran «faisait équipe» avec la Russie pour «saper les règles et principes de base de l’ordre mondial.» Début novembre, l’Iran a reconnu avoir fourni des drones à la Russie mais assuré que ces livraisons avaient eu lieu avant l’offensive en Ukraine. «Plusieurs pays du Golfe mettent en garde depuis des années contre le risque que l’Iran alimente en drones les Etats voyous», déclare Ursula von der Leyen.

Selon elle, l’Union européenne a mis «trop longtemps à comprendre un fait très simple», dit-elle: la nécessité de contrer «d’autres formes de prolifération d’armes, allant des drones aux missiles balistiques», en plus des efforts internationaux pour empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique. Cette prolifération constitue «un risque pour la sécurité, non seulement du Moyen-Orient, mais pour nous tous», a-t-elle ajouté. L’Arabie saoudite et d’autres Etats du Golfe accusent l’Iran de soutenir et fournir des armes à des mouvements armés au Moyen-Orient, des rebelles Houthis du Yémen au Hezbollah libanais.

En Ukraine, «près de la moitié» du système énergétique est «hors d'état de fonctionner»

«Près de la moitié» des infrastructures énergétiques d'Ukraine est «hors d'état de fonctionner» à la suite d'une série de frappes russes depuis début octobre, a indiqué le premier ministre ukrainien, Denys Chmygal.

«Près de la moitié de notre système énergétique a été mis hors d'état de fonctionner», a déclaré Denys Chmygal lors d'une conférence de presse organisée à Kiev avec le vice-président de la commission européenne, Valdis Dombrovskis.

Il a ainsi réclamé «un soutien supplémentaire» de l'Union européenne pour faire face à cette situation.