L'Ukraine s'est félicitée mardi de son «unité» avec les Occidentaux contre les «ultimatums» de Moscou pendant les discussions russo-américaines de la veille en Suisse.

«Les pourparlers à Genève ont montré que notre force était dans l'unité et la cohérence des positions face (...) aux ultimatums russes», a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba au cours d'un entretien téléphonique avec le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, au lendemain de la rencontre de Wendy Sherman, numéro deux de la diplomatie américaine, avec le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov.

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Dmytro Kouleba, qui a souligné que les Etats-Unis restaient le partenaire essentiel de son pays pour assurer sa sécurité, et Antony Blinken ont à cette occasion discuté des étapes suivantes en vue de dissuader Moscou de déclencher une attaque contre l'Ukraine, qui combat une rébellion séparatiste prorusse dans l'est de son territoire depuis 2014.

Washington doute du «sérieux» de la Russie à négocier

La porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a dans le même temps émis des doutes sur les véritables intentions de la Russie concernant ces négociations.

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Il est «trop tôt pour dire si les Russes (...) sont prêts à négocier sérieusement», Moscou peut «utiliser ces discussions pour prétexter que la diplomatie ne fonctionne pas» et poursuivre ses actions «agressives», a déclaré Jen Psaki pendant un point de presse.

«Les relations de l'Otan avec l'Ukraine ne regardent que l'Ukraine et les trente pays alliés» au sein de cette organisation, a-t-elle répété, alors que la Russie exige que l'Alliance atlantique ferme à jamais sa porte aux Ukrainiens.

Les tensions autour de l'Ukraine ont augmenté ces derniers mois, Washington et les alliés européens de Kiev accusant la Russie d'avoir massé des troupes près de la frontière ukrainienne en vue d'une invasion. Moscou a, pour sa part, réclamé des garanties écrites en vue d'exclure une adhésion de l'Ukraine, ainsi que de la Géorgie, une autre ex-république soviétique, à l'Otan.

Poursuite des négociations

Les pourparlers de Genève n'ont débouché que sur la promesse de nouveaux contacts entres Russes et Américains. Une réunion du Conseil Otan-Russie, impliquant des diplomates de haut rang des membres de l'Alliance et des représentants de Moscou, est prévue pour mercredi à Bruxelles, la première depuis juillet 2019. Les Etats-Unis et leurs alliés se sont auparavant concertés mardi dans la capitale belge.

Paris a, de son côté, évoqué mardi une réunion du groupe de Normandie (France, Allemagne, Russie, Ukraine) «d'ici fin janvier» ainsi qu'un «geste» de Kiev pour tenter de relancer le règlement du conflit ukrainien.

L'émissaire du Kremlin dans les négociations de paix en Ukraine, Dmitri Kozak, a «donné son accord pour que nous reprenions la négociation dans le groupe Normandie au niveau des conseillers diplomatiques», a déclaré la présidence française. «Nous pensons pouvoir tenir une première réunion (à ce niveau) d'ici la fin du mois de janvier», a ajouté l'Elysée à l'issue d'une visite commune des conseillers diplomatiques du président français Emmanuel Macron et du chancelier allemand Olaf Scholz à Moscou puis à Kiev.

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Les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l'UE vont discuter jeudi et vendredi des propositions européennes sur la sécurité en Europe. Cette rencontre sera «l'occasion de décider ensemble des prochaines étapes que nous souhaitons donner à notre implication dans le dialogue avec la Russie», a dit une source diplomatique française.

En réaction à l'arrivée au pouvoir de pro-Occidentaux début 2014 en Ukraine, la Russie a annexé la péninsule de Crimée et soutenu, selon Kiev et les Occidentaux, la rébellion séparatiste dans les régions de l'est frontalières de son territoire. Ce conflit a fait plus de 13 000 morts à ce jour.