Surtout, ne pas trop grimacer. Après sa cuisante défaite, dimanche, au premier tour des élections régionales, la droite au pouvoir tente de faire bonne figure. «Dans dix régions sur 26, les électeurs ont désavoué les sortants socialistes, voulait croire lundi Frédéric Lefebvre, porte-parole du parti présidentiel UMP. Dans 40% des régions, nous sommes en tête après le premier tour.»

Ces éléments de langage, hyper­optimistes, ont été inspirés par l’Elysée, où Nicolas Sarkozy est demeuré obstinément muet. Dans les faits, l’UMP est condamnée au grand écart si elle veut éviter la déroute au second tour, dimanche prochain. En cinq jours, elle espère convaincre à la fois les électeurs écologistes (12,5% des voix) et ceux du Front national (FN) (11,6%), au risque d’aggraver ses propres problèmes de positionnement.

Nicolas Sarkozy a donné des signes contradictoires durant la campagne, suggérant que la taxe carbone, qui doit être introduite en juillet, devrait être différée, ou déclarant que l’application tatillonne des règles écologiques en agriculture «commence à bien faire». Mais hier, les porte-parole de l’UMP, alliée depuis cet automne au parti des chasseurs, ont lancé un «appel aux écologistes convaincus». Ils leur demandent de soutenir l’action du président en faveur de l’environnement, et affirment que «le vote écologiste était un vote anti-socialiste».

Quant au FN, il a réalisé dimanche son plus mauvais score dans un scrutin régional depuis 1986 (en 2004 et 1998, il frôlait les 15%). Mais cela lui suffit pour se maintenir dans une douzaine de régions. L’UMP espère séduire ses électeurs en martelant que «voter FN au second tour, c’est soutenir le candidat socialiste».

Peut-on imaginer l’électeur frontiste, excédé par la taxe carbone ou la restriction des périodes de chasse, et l’écolo-bobo se rejoindre dans les urnes dimanche prochain? Les responsables de l’UMP sont sans doute les seuls à y croire.