Les dirigeants de l'Union européenne (UE), réunis vendredi en sommet à Bruxelles, ont appelé à la cessation de l'offensive militaire menée par le régime syrien et ses alliés dans la région syrienne d'Idlib, au nord-ouest de la Syrie.

«La nouvelle offensive militaire du régime syrien et de ses alliés à Idlib, qui provoque d'énormes souffrances humaines, est inacceptable», ont-ils déploré dans une déclaration commune. «L'UE appelle tous les acteurs à cesser immédiatement les hostilités et demande instamment à toutes les parties au conflit de permettre un accès humanitaire direct et sans entrave à tous ceux qui sont dans le besoin.»

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Les dirigeants de l'UE ont en outre exigé «un cessez-le-feu durable» et des «garanties pour la protection des civils». Ils ont enfin demandé que la Cour pénale internationale soit saisie de la situation en Syrie afin que les responsables de violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme «rendent des comptes».

900 000 personnes en fuite depuis le début de l'offensive

«Nous ne pouvons aujourd'hui nous réunir comme s'il ne se passait rien à quelque milliers de kilomètres de nous», avait plaidé le président français Emmanuel Macron à son arrivée à Bruxelles. «L'un des pires drames humanitaires est en train de se passer» dans la région d'Idlib.

Idlib est le dernier grand bastion rebelle et djihadiste en Syrie, où près d'un million de personnes ont fui une offensive du régime appuyée par l'aviation russe.

«Je veux condamner avec la plus grande fermeté les attaques militaires qui sont menées depuis plusieurs semaines par le régime de Bachar al-Assad contre les populations civiles d'Idlib», avait déclaré le chef de l'Etat français. «Je demande aux membres permanents du Conseil de sécurité de prendre leurs responsabilités. Rien ne peut justifier le non-respect du droit humanitaire international et le sacrifice de populations civiles.»

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Environ 900 000 personnes, en vaste majorité des femmes et des enfants, ont fui depuis début décembre l'offensive menée par le régime Assad et Moscou dans la grande région d'Idlib et ses environs, a rapporté l'ONU. Jamais la Syrie, en guerre depuis 2011, n'a connu un tel exode sur une période de temps aussi courte. L'offensive de Damas a provoqué une crise ouverte avec la Turquie, qui appuie certains groupes rebelles dans la région d'Idlib.