Ce n'est encore qu'une «suspension». Mais elle pourrait présager la décision que doit prendre lundi l'Union européenne de réduire drastiquement l'aide qu'elle apporte aux Palestiniens, en raison de l'arrivée au pouvoir du Hamas. Le mouvement radical a dénoncé un «chantage».

Avec quelque 500 millions d'euros versés par année, les Vingt-Cinq sont le principal soutien des Territoires palestiniens, placés sous perfusion internationale. D'ores et déjà, les Etats-Unis et le Canada ont annoncé l'arrêt de toute aide directe aux ministères et institutions dirigés par le Hamas. Israël les avait précédés, en refusant de reverser les taxes qu'il perçoit sur les produits palestiniens.

La communauté internationale exige du Hamas qu'il reconnaisse l'existence de l'Etat d'Israël et qu'il cesse tout recours à la violence avant de reprendre ses versements. Ces derniers jours, des dirigeants du Hamas se sont employés à préciser leur position, exigeant notamment de connaître en quoi consisterait un éventuel plan de paix international, comme préalable à une reconnaissance d'Israël. Des déclarations qui sont sans doute à mettre en lien avec l'imminence de la décision européenne.

Même si les Européens, comme les Américains, mettent en avant leur souci de ne pas punir les Palestiniens, les organisations humanitaires multiplient les cris d'alarme. Près de 40% des employés de la bande de Gaza dépendent directement de l'Autorité palestinienne, et les fonds manquent déjà pour payer leurs salaires, rappellent-elles. Selon la Banque mondiale, le nombre de Palestiniens placés sous le seuil de pauvreté a presque triplé en cinq ans. Depuis plus d'un mois et demi, Israël maintient fermé le point de passage de Karni, le seul par lequel transitent les biens de consommation vers Gaza.

Raid aérien sur Gaza

Sur le terrain , quatre Palestiniens ont été tués et quatre blessés vendredi soir dans un raid aérien israélien à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.