SERBIE

L'Union européenne va assouplir ses sanctions contre la Yougoslavie

Les Quinze veulent établir une distinction entre le régime de Belgrade et le peuple serbe. Ils décident de mettre fin à l'embargo aérien et à l'interdiction faite aux sportifs de participer à des compétitions en Europe

Les Quinze ont décidé lundi de lever progressivement les sanctions qu'ils avaient décrétées contre la République fédérale de Yougoslavie. Les chefs de la diplomatie européenne sont également convenus d'établir à Salonique, en Grèce, une agence pour la reconstruction du Kosovo. Elle sera créée dans le cadre du Pacte de stabilité pour les Balkans. La Suisse a réaffirmé lundi par la voix de Joseph Deiss sa volonté d'être pleinement associée à cette initiative.

Les Quinze sont tombés d'accord à l'issue de plusieurs heures de discussions à Bruxelles pour lever petit à petit les sanctions pesant sur la Serbie et le Monténégro, les deux républiques composant la RFY. «La population ne doit pas continuer de souffrir des décisions erronées prises par le gouvernement serbe», a expliqué le ministre finlandais, Tarja Halonen, qui préside en ce moment aux destinées de l'Union, pour justifier cet assouplissement.

Dans l'immédiat, la mesure concerne l'embargo aérien interdisant aux compagnies européennes de voler vers la RFY. L'interdiction faite aux sportifs originaires de la Serbie et du Monténégro de participer à des compétitions en Europe est également abolie. D'autres sanctions touchant directement la population devraient être levées à terme.

Les Quinze veulent établir une distinction entre le régime de Belgrade et le peuple serbe. Ils se sont ralliés à une initiative gréco-néerlandaise proposant de soutenir les municipalités serbes œuvrant pour la démocratie en leur fournissant du carburant. Un assouplissement de l'embargo pétrolier, auquel s'est associée la Suisse, est envisagé. Pas question en revanche de lever l'interdiction d'effectuer des investissements en RFY. Les proches de Slobodan Milosevic restent également, jusqu'à nouvel avis, persona non grata dans l'Union.

Les chefs de la diplomatie communautaire ont décidé dans la foulée de créer une Agence pour la reconstruction du Kosovo. Elle sera chargée de coordonner l'aide humanitaire et financière de la communauté internationale destinée à la province ravagée. Une première conférence des donateurs est prévue le 28 juillet à Bruxelles.

La création de l'agence a donné lieu à un débat animé. La Grèce exigeait qu'elle soit installée à Salonique. Trop éloigné du terrain, ont répliqué ses partenaires, qui voulaient voir son siège à Pristina. Le compromis arraché prévoit que le quartier général et administratif de la nouvelle agence sera situé à Salonique, et son centre opérationnel dans le chef-lieu du Kosovo.

L'agence sera mise en place dans le cadre du Pacte de stabilité pour les Balkans. Cette initiative allemande sera portée sur les fonts baptismaux le 30 juillet à Sarajevo au cours d'un sommet auquel sont attendus des dizaines de dirigeants européens et du reste du monde. Les pays de la région devraient se voir offrir à cette occasion une aide économique substantielle et la perspective d'une intégration plus grande au sein de l'Union en échange de réformes démocratiques.

Joseph Deiss, qui participait lundi à Bruxelles à une réunion de la Conférence européenne (lire ci-dessous), a réaffirmé que la Suisse souhaitait être associée comme partenaire de plein droit à cette initiative à laquelle elle ne participe en ce moment que comme observatrice. Berne propose également d'accueillir la «table ronde» sur les droits de l'homme et la démocratie qui sera organisée dans ce contexte. Deux autres réunions spécialisées sont prévues, l'une sur la coopération économique, l'autre sur la sécurité. Le chef du DFAE affirme avoir reçu le soutien de Bodo Hombach, le diplomate allemand coordinateur du Pacte.

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