Quelque 2,6 millions d’Uruguayens se rendent aux urnes dimanche pour désigner le successeur du charismatique José Mujica dans un scrutin présidentiel et législatif qui pourrait voir le Frente amplio (gauche) au pouvoir depuis une décennie perdre sa majorité parlementaire, voire la présidence. Pour le politologue Juan Carlos Doyenart, il y a «une seule certitude» dans ces élections : un ballottage qui mènera à un second tour le 30 novembre. Après 10 ans de gestion du Frente amplio, «il n’y a pas de crise, il y a toujours une prospérité économique, les gens ont de l’argent, vivent mieux», mais l’usure du pouvoir fait son oeuvre, poursuit l’analyste. Le Frente affiche un bilan plutôt positif, avec une croissance du PIB de 4,4% en 2013 - onzième année consécutive de hausse -, un chômage autour de 6% et une pauvreté divisée par trois entre 2006 et 2013. Sur le plan social elle a avancé à grands pas, approuvant le mariage homosexuel, l’avortement et la légalisation du cannabis. Mais le bilan du gouvernement de Jose Mujica pêche sur plusieurs points, notamment la sécurité, l’éducation ou l’inflation (environ 10% par an), thèmes auxquels sont sensibles les classes moyennes, largement majoritaires. (AFP)