Les mines étaient sombres, mais les messages n'avaient jamais été aussi clairs. A Ramallah et à Paris, les dirigeants palestiniens se sont succédé pour annoncer la mort imminente de leur chef historique Yasser Arafat. Après les faux-fuyants, les esquives et même les disputes ouvertes avec Souha Arafat, ils reconnaissaient mardi que, plongé dans le coma depuis près d'une semaine, le président était victime d'une hémorragie cérébrale qui ne leur laissait aucun espoir de rétablissement.

Symbole de sa fin de vie

Seul le premier ministre Ahmed Qorei a pu voir le président à Paris, dans son unité de soins intensifs. Mais c'est un autre dirigeant, Nabil Chaath, qui, voulant jouer la transparence, a détaillé par le menu la maladie d'Arafat, qu'il a mise notamment sur le compte de l'état déplorable qui régnait dans le quartier général de Ramallah où il a été enfermé pendant plus de trois ans.

Peu avant, c'est précisément à Ramallah que deux autres dirigeants offraient des informations similaires, avec l'intention évidente de ne pas laisser s'installer davantage l'impression d'une dangereuse vacance de pouvoir. La capitale administrative de la Cisjordanie s'est immédiatement mise à foisonner d'activités et de rencontres officielles en tout genre, réunissant l'ensemble des forces palestiniennes. Toutes auraient assuré de faire en sorte que la situation reste calme.

Objet jusqu'ici de toutes les spéculations, le lieu où sera enterré Arafat, a aussi été dévoilé à demi-mot: ce sera la Mouqataa de Ramallah, symbole de la fin de la vie d'Arafat. «C'est tout ce que nous avons», a laissé échapper l'un des responsables palestiniens, Saeb Erekat. Une décision que les Palestiniens se sont empressés de présenter comme «transitoire», Yasser Arafat ayant toujours émis le vœu d'être enterré sur l'Esplanade des Mosquées, dans une Jérusalem devenue capitale de l'Etat de Palestine. Il est vraisemblable, cependant qu'une cérémonie officielle aura aussi lieu à l'étranger, sans doute au Caire.

A peine l'annonce faite à Paris, la délégation palestinienne s'est empressée de rentrer à Ramallah. Pour affronter le quotidien d'une Palestine orpheline, la présence de tous ceux qui sont restés pendant des décennies dans l'ombre du chef historique ne sera pas de trop.