Réseaux sociaux

La lutte contre l'extrémisme, nouveau cheval de bataille de Facebook, Twitter et Google

Une structure indépendante prendra la suite d'un consortium, le Global Internet Forum to Counter Terrorism, créé en 2017. Le réseau social a récemment mis l'accent sur la lutte contre les contenus haineux des organisations faisant l'apologie du suprémacisme blanc

Sous le feu des critiques depuis plusieurs mois et l'attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande, Facebook va renforcer sa lutte contre les contenus extrémistes sur Internet en créant une structure indépendante. Cette dernière prendra la suite d'un consortium, le Global Internet Forum to Counter Terrorism (GIFCT), créé en 2017 par Facebook, Microsoft, Twitter et Google (via YouTube). Amazon ainsi que les plateformes LinkedIn (appartenant à Microsoft) et WhatsApp (Facebook) ont rejoint la structure remodelée.

Lors de l'attaque de Christchurch en Nouvelle-Zélande, en mars dernier, Facebook avait alors mis 17 minutes avant d'interrompre la vidéo retransmise en direct d'un suprémaciste blanc, qui s'était filmé pendant qu'il attaquait une mosquée, tuant 51 fidèles musulmans. Une erreur ayant conduit à «l'appel de Christchurch pour passer à l'action» en mai, soutenu entre autres par la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern et le président français Emmanuel Macron.

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Cette nouvelle mouture aura pour vocation de «déjouer les tentatives de plus en plus sophistiquées des terroristes et des extrémistes violents pour se servir des plateformes numériques», selon les termes d'un communiqué reçu par l'Agence France Presse (AFP). La structure bénéficiera d'un personnel indépendant et d'un directeur exécutif, dont le nom n'a pas encore été dévoilé.

Des acteurs non-gouvernementaux dirigeront quant à eux un comité consultatif. Les gouvernements des Etats-Unis, de la France, du Royaume-Uni, du Canada, de la Nouvelle-Zélande et du Japon auront également un rôle de consultation, tout comme des experts de l'ONU et de l'Union européenne.

200 organisations suprémacistes blanches bannies

Facebook avait annoncé mardi dernier avoir fait appel à la police de part et d'autre de l'Atlantique pour éduquer ses outils d'intelligence artificielle, afin d'arrêter les retransmissions vidéos d'attaques extrémistes en direct sur sa plateforme. De son côté, la police londonienne apportera son concours à partir du mois d'octobre pour permettre au réseau social de mieux entraîner ses outils d'intelligence artificielle à détecter rapidement ces contenus et les supprimer.

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Le réseau social américain a récemment mis l'accent sur le suprémacisme blanc, dont les adeptes sont à l'origine de nombreuses tueries perpétrées ces dernières années, notamment aux Etats-Unis. Le groupe de Pato Alto dit avoir banni 200 organisations suprémacistes blanches et élargi sa définition de ce qui constitue une organisation «terroriste» en faisant appel à des experts.

«La nouvelle définition reste concentrée sur le comportement, pas l'idéologie de ces groupes», mais elle est désormais élargie à «des actes de violence en particulier dirigés contre des civils avec l'intention de les contraindre et de les intimider».

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Facebook a aussi élargi les missions d'une équipe de 350 experts du maintien de l'ordre, de la sécurité nationale, de l'anti-terrorrisme mais aussi des universitaires spécialisés dans l'étude du phénomène de radicalisation pour juguler les efforts «de gens et d'organisations qui appellent à la violence ou commettent des actes violents qui ont un impact dans le monde réel» et pas seulement en ligne.

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