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Donald Trump a signé en janvier 2018 un décret confirmant son intention de maintenir la prison ouverte.
© Charles Dharapak/AP

Terrorisme

La machine Guantanamo pourrait à nouveau s’emballer

L’administration Trump envisagerait de transférer des djihadistes de l’Etat islamique capturés en Irak et en Syrie vers le centre de détention situé à Cuba. Aujourd’hui, seuls 40 prisonniers s’y trouvent encore

Khaled Cheikh Mohammed, 53 ans, le cerveau des attentats du 11-Septembre, croupit à Guantanamo avec 39 autres détenus. Depuis 2008, le centre de détention militaire américain érigé sur l’île de Cuba, qui a accueilli 780 prisonniers en tout, n’a enregistré aucun nouvel arrivant. Cela pourrait changer.

Quatre Américains décapités

L’administration Trump envisagerait d’y envoyer des djihadistes de l’Etat islamique (EI), dont deux Britanniques capturés en janvier dernier, vient de rapporter la chaîne NBC. Alexanda Amon Kotey et El Shafee Elsheikh font partie d’un groupe responsable de la décapitation de plusieurs hommes, dont quatre Américains parmi lesquels le journaliste James Foley.

L’administration Trump projetterait de transférer près de 600 djihadistes de l’EI, déclarés personæ non gratæ dans leur pays d’origine, vers une prison irakienne. Mais les plus «importants», ceux considérés comme particulièrement dangereux et impliqués dans des crimes odieux ayant touché à la sécurité des Etats-Unis, prendraient le chemin de Guantanamo. NBC cite cinq responsables américains et deux diplomates européens qui souhaitent rester anonymes.

Le Pentagone se contente de confirmer que «Guantanamo est une option à disposition pour l’emprisonnement à long terme des combattants ennemis». Mais il assure qu’aucune personne n’a encore été identifiée pour un tel transfert. Ce nouveau développement s’inscrit alors que Donald Trump a signé en janvier 2018, un an après son entrée en fonction, un décret confirmant son intention de maintenir la prison ouverte. Durant sa campagne, il disait déjà vouloir remplir à nouveau le camp de prisonniers de «mauvais gars», malgré la vive polémique qui entoure Guantanamo et son système extrajudiciaire.

Jugés devant des tribunaux

En mai déjà, la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen était montée au front. Dans une lettre, elle appelait l’administration Trump à déférer Alexanda Amon Kotey et El Shafee Elsheikh devant des tribunaux civils fédéraux et à les juger, comme le souhaitent les familles des Américains décapités. Elle craint qu’ils ne soient considérés comme des «martyrs» par leurs pairs s’ils sont envoyés sur la base américaine.

Human Rights Watch exige également que ces djihadistes soient jugés dans le respect du droit international. L’ONG vient de critiquer au début du mois la décision de Washington de transférer huit prisonniers vers le Liban, «où ils pourraient subir des mauvais traitements et être l’objet de procès arbitraires».

Ces transferts vers Guantanamo, s’ils se concrétisent, nécessiteront des aménagements. La prison a déjà dû s’adapter au vieillissement de ses détenus – le plus âgé a 71 ans –, par exemple en équipant certains espaces de rampes pour chaises roulantes. La Maison-Blanche espère toujours que le Congrès acceptera de débloquer une enveloppe de 69 millions de dollars supplémentaires.


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