Selon ces documents, l’ordinateur sur lequel travaille la NSA lui permettrait de briser les codes informatiques protégeant des secrets bancaires, médicaux, des informations gouvernementales ou du monde des affaires. Les recherches seraient entreprises depuis le Laboratoire des sciences physiques de College Park, Université du Maryland.

Les grandes entreprises informatiques comme IBM poursuivent depuis longtemps l’objectif de créer des ordinateurs quantiques, qui permettraient d’exploiter la puissance des atomes, accroissant ainsi de manière considérable la rapidité et la sécurité des ordinateurs.

Cependant, des experts estiment peu probable que la NSA soit sur le point de créer une telle machine sans que la communauté scientifique ne soit au courant.

«Cela semble peu probable que la NSA soit si en avance par rapport aux entreprises civiles sans que personne ne le sache», a ainsi noté dans le Washington Post Scott Aaronson, de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT).

L’article du Washington Post fait grand cas de la Suisse dans la compétition que se livrent les laboratoires de par le monde, et les travaux ainsi révélés de la NSA. Seth Lloyd, un professeur de mécanique quantique au MIT déclare ainsi: «L’intérêt que porte la NSA sur [ces travaux] n’est pas déplacé. L’Union européenne et la Suisse ont marqué des avancées significatives lors des dernières décennies et ont rattrapé leur retard dans le domaine des technologies quantiques.»

Selon les documents obtenus par le quotidien, la NSA travaille sur ce projet dans des pièces spéciales, appelées «cages de Faraday», qui protègent des pollutions électromagnétiques en provenance de l’extérieur.

Par la puissance potentielle des ordinateurs quantiques, ces machines innovantes seraient à même de déchiffrer n’importe quel code utilisé actuellement pour protéger les activités en ligne, que ce soit par les banques ou par les messageries électroniques.

Depuis plusieurs mois, les révélations d’Edward Snowden ont levé le voile sur l’ampleur du programme américain d’espionnage tous azimuts visant plusieurs pays européens, les institutions de l’UE ou même le système de vidéoconférence interne de l’ONU, et notamment le rôle de la NSA.