Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
La candidature de la torera Marie Sara dans le Gard fait hurler certains défenseurs des animaux.
© SYLVAIN THOMAS, AFP

France

Pour Macron, des candidats très élitistes

La sociologie des 529 candidats investis par La République en marche est tout, sauf représentative de la diversité sociale française

Ni les ouvriers, ni les agriculteurs ne feront de retour en force à l'Assemblée nationale française à l'issue des élections législatives des 11 et 18 juin qui vont voir s'affronter 7882 candidats au niveau national. Sur les 529 investis par La République en marche (LREM) - le futur parti macronien dont le congrès fondateur aura lieu en juillet - 70% sont en effet, selon une étude du Centre d'étude de la vie politique française (CEVIPOF), issues «des classes supérieures». A l'inverse, les ouvriers, employés ou artisans sont très sous-représentés (8,5%). Un point confirme cet état de fait: tous les candidats se sont vu demander s'ils pouvaient d'abord assumer seuls au moins 30 000 euros de frais de campagne. De quoi décourager les moins nantis...

Ce côté très élitiste est confirmé par une plongée dans les biographies succintes fournies par le mouvement crée par Emmanuel Macron. Celui-ci avait promis, on s'en souvient, d'investir 50% de personnalités issues de la société civile. A bien y regarder, de sacrées nuances s'imposent. Certes, 60% des candidats LREM proviennent du secteur privé contre seulement 40% dans l'assemblée nationale sortante, élue en juin 2012, au sein de laquelle les socialistes disposaient de la majorité absolue. Mais que veut dire «société civile»?

Deux cent vingt-deux candidats ont en effet déjà exercé un mandat politique, souvent local. Près de 40% ont, surtout, été actifs dans les milieux associatifs, ou via leurs fonctions (avocat, médeçins, etc.) dans la vie publique. Certains sont en outre des personnalités de renom comme la torera Marie Sara (Gard), le mathématicien Cedric Vilani (Essonne) ou l'entrepreneur numérique Bruno Bonnell (Rhône). «Je n'ai pas d'expérience politique, mais une grande expérience civique, argumentait à Tours la candidate franco-allemande LREM Sabine Thillaye, ex-militante du mouvement «Nous citoyens» dans le sillage de l'écrivain Alexandre Jardin et du maire de Neuilly-sur-Seine Jean Christophe Fromantin.

Côté moyenne d'âge, LREM affiche 47 ans pour ses candidats, et côté parité, l'égalité hommes-femmes est parfaite. Attention néanmoins aux secousses qui pourraient suivre le scrutin! Après plusieurs retraits d'investiture liés à ses critères de probité (pas toujours appliqués avec une rigueur suffisante par la commission d'investiture, qui a dû souvent se contenter d'interroger les candidats par Internet), une quinzaine de cas demeureraient problématiques, même si le mouvement les juge «isolés». Le cas le plus souvent cité est évidemment celui du ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand, député sortant (PS) du Finistère, accusé d'avoir profité de sa position comme directeur des Mutuelles de Bretagne jusqu'en 2011 pour faire profiter son ex-épouse d'un arrangement immobilier. Emmanuel Macron, comme le premier ministre Edouard Philippe, ont jusque ici refusé d'en tirer les conséquences.

Notre dossier: La France en campagne

Dossier
La France en campagne

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a