Deux mots sont à retenir après l’intervention d’Emmanuel Macron jeudi sur TF1: l’éloge du «travail» et la répétition des «merci». Sitôt après avoir confirmé de possibles frappes prochaines sur le gouvernement syrien, coupable d’avoir recouru de nouveau à l’arme chimique, le président français a entamé un long plaidoyer sur le sens de ses réformes. Celle de la SNCF, a-t-il répété, «ira jusqu’au bout». Mais pas question de jouer les usagers contre les employés du rail en grève – les blocages «perlés» reprennent ce vendredi – pour ce chef de l’Etat qui s’est opportunément souvenu de son grand-père cheminot.

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«La SNCF restera un grand service public ferroviaire», a-t-il martelé, assis au centre d’une salle de classe dans une école primaire normande, face au présentateur Jean-Pierre Pernaut. La dette de l’entreprise ferroviaire «sera pour partie progressivement reprise», a-t-il poursuivi, alors qu’a lieu ces jours-ci au parlement l’examen de la loi d’habilitation qui permettra le recours aux ordonnances. Aucune ouverture présidentielle, en revanche, n’a eu lieu en direction des grévistes, des étudiants qui occupent les universités et des activistes opposés aux policiers sur le site de Notre-Dame-des-Landes.

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Le président – qui sera de nouveau sur les écrans dimanche, lors d’un entretien avec Mediapart et BFMTV – a surtout répété qu’il entendait valoriser «le travail» et défendre «une France capable de produire». Ses «merci» répétés ont été adressés aux retraités, que plusieurs reportages montraient déçus par la baisse de leur pouvoir d’achat. L’objectif était à l’évidence de montrer «Jupiter» à l’écoute de la France qui souffre. Mission accomplie. Pas sûr, toutefois, que cela suffise à calmer les colères.