Lundi, à la mi-journée, le gouvernement régional a maintenu le bilan, publié la veille, de 42 morts, auquel s’ajoutent quatre disparus, et précisé que 18 cadavres restaient en attente d’identification à la morgue installée à l’aéroport international de Madère.

Sur le terrain, les secours engagés dans une opération titanesque de déblaiement de tonnes de gravats et de boue ne cachaient pas leurs craintes de découvrir de nouveaux corps à mesure que progressaient les difficiles opérations de déblaiement.

Le gouvernement portugais a décrété lundi un deuil national de trois jours et annoncé qu’il solliciterait le Fonds de solidarité de l’Union européenne pour venir en aide à la région autonome de Madère, où de nouveaux renforts militaires devaient être dépêchés dans la journée.

Lundi, un ballet de pelleteuses et excavatrices s’est poursuivi toute la journée à Funchal, où les opérations étaient rendues très difficiles par l’état souvent impraticables des rues, creusées de cratères et encombrées de gravats.

L’inquiétude était particulièrement vive autour de plusieurs centres commerciaux de Funchal, dont les parkings souterrains sont encore remplis d’eau, en dépit des efforts des dizaines de pompiers mobilisés.

Rétablir les services de base

Selon des témoins, des automobilistes se seraient réfugiés dans ces parkings quand la pluie a brusquement forci samedi en milieu de matinée, atteignant un niveau de 60 litres d’eau par heure. La situation au centre commercial d’Anadia, situé dans la partie basse de la ville et entièrement dévasté, suscitait les plus fortes craintes.

A la mi-journée, le premier étage de ce parking à deux niveaux avait été entièrement vidé de son eau sans qu’un corps n’ait été découvert. Toutefois, selon des sources policières, une odeur de cadavre a été détectée par des chiens.

En dehors de Funchal, la région la plus touchée était Ribeira Brava, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest, où une trentaine de personnes a été évacuée dans la matinée par mesure de précaution en raison de risques de nouveaux éboulements. A Ponta do Sol, une localité à dix kilomètres plus à l’ouest, des habitants ont également été évacués «par précaution».

Lundi, la priorité du gouvernement régional était de rétablir les services de base, alors que de nombreuses communes restent privées d’eau et d’électricité. A Funchal, la mairie a positionné des camions-citerne dans plusieurs quartiers, notamment sur les hauteurs de la ville afin de distribuer de l’eau portable.